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Équipement & Innovation

Concours Klereo 2025 : l’automatisation à l’épreuve du bassin

Le concours Klereo 2025 a mis en lumière des installations pilotées et attentives à la consommation d’énergie. Au-delà du palmarès, ces projets donnent des repères concrets pour choisir une automatisation utile, évaluer son budget et ne jamais confondre confort connecté, qualité de l’eau et sécurité.

Local technique de piscine avec pompe, filtre et boîtier de régulation reliés à un bassin extérieur
Local technique de piscine avec pompe, filtre et boîtier de régulation reliés à un bassin extérieur — Photo d’illustration

L’essentiel

  • Le concours Klereo, organisé pour la sixième fois en 2025, a notamment distingué Gonthier Piscine en automatisation et Passion Piscines Vannes en bioclimatique.
  • Une régulation ne dispense pas des contrôles : viser un pH de 7,0 à 7,4, un TAC de 80 à 120 ppm et, en bassin chloré, 1 à 2 mg/L de chlore libre.
  • Un coffret programmable coûte couramment 250 à 700 € hors pose ; un pilotage connecté se situe plutôt entre 600 et 1 800 €, selon les fonctions et adaptations.
  • La règle empirique de filtration température de l’eau ÷ 2 donne un repère, mais elle doit être ajustée au débit, aux baigneurs, à la météo et au traitement.
  • Une application ou une alerte connectée ne remplace jamais le dispositif de sécurité obligatoire ni la surveillance active des baigneurs.

La sixième édition du concours Klereo a distingué en 2025 des réalisations qui placent le pilotage du bassin et la maîtrise des consommations au centre du projet. Parmi les distinctions annoncées, Gonthier Piscine a reçu le Trophée d’or dans la catégorie Automatisation, tandis que Passion Piscines Vannes a obtenu le Trophée d’or dans la catégorie Bioclimatique.

Ces récompenses illustrent une évolution de fond : une piscine ne se résume plus à une pompe, un filtre et un coffret horaire. Elle peut désormais ajuster ses cycles de filtration, gérer une correction de pH, piloter le chauffage ou signaler une anomalie. Mais une piscine « intelligente » n’est réellement pertinente que si elle répond à un besoin précis, reste compréhensible par son propriétaire et s’appuie sur une installation hydraulique bien conçue.

Un trophée n’est pas une certification

Un concours valorise une installation et le savoir-faire de ses concepteurs. Il ne remplace ni le contrôle de conformité, ni l’étude du local technique, ni les garanties contractuelles. Avant de s’inspirer d’un bassin primé, il faut demander les fonctions exactes installées, les conditions de mise en service et les besoins d’entretien.

Ce que le palmarès met en avant : un bassin plus facile à piloter

Les projets distingués s’inscrivent dans deux familles de solutions complémentaires. L’automatisation consiste à déléguer certaines décisions répétitives à des programmations, des sondes et des régulateurs. L’approche dite bioclimatique cherche, elle, à adapter le fonctionnement du bassin à la température extérieure, à l’ensoleillement, aux déperditions thermiques et aux périodes d’utilisation.

Dans les deux cas, le bénéfice attendu n’est pas l’accumulation de technologie. Il repose sur trois leviers simples : faire tourner les équipements au bon moment, éviter les surdosages de produits et limiter les pertes de chaleur. Une automatisation bien paramétrée peut aussi rendre l’entretien plus régulier, notamment lors des absences. Elle ne doit toutefois jamais faire oublier les contrôles visuels et les analyses manuelles.

Les fonctions à examiner derrière une piscine automatisée
FonctionCe qu’elle peut fairePoint de vigilance
Programmation de filtrationDéfinir les plages de fonctionnement de la pompe selon la saison et les usages.Les horaires doivent être revus lorsque l’eau se réchauffe ou que la fréquentation augmente.
Régulation du pHMesurer le pH et doser progressivement un correcteur adapté.Une sonde s’étalonne et se remplace : sans entretien, la mesure dérive.
Pilotage du traitementCommander un électrolyseur ou une régulation redox en fonction des valeurs mesurées.Le taux de désinfectant doit être vérifié à la main, surtout après un épisode orageux ou une forte baignade.
Gestion thermiqueCoordonner pompe à chaleur, couverture et filtration pour chauffer pendant les périodes utiles.Le gain dépend d’abord de la couverture du bassin, de son exposition et de la température visée.
Alertes à distanceSignaler une température inhabituelle, un défaut de circulation ou une valeur hors plage.Une notification n’est utile que si une personne peut intervenir rapidement.

Automatisation : distinguer programmation, régulation et supervision

Le terme « automatisation » recouvre des équipements très différents. Un simple programmateur allume et éteint la filtration à des heures définies. Un régulateur de pH agit à partir d’une mesure. Une supervision connectée centralise quant à elle plusieurs équipements, avec une interface locale ou une application.

Cette distinction est décisive au moment de comparer les devis. Un coffret connecté n’améliorera pas à lui seul la qualité de l’eau. À l’inverse, une régulation pH bien entretenue peut apporter un bénéfice concret sans nécessiter de pilotage par smartphone. La priorité consiste généralement à fiabiliser la circulation et l’équilibre de l’eau, avant d’ajouter des scénarios de confort.

7,0–7,4

pH généralement visé pour une eau équilibrée

80–120 ppm

plage usuelle de TAC à contrôler

1–2 mg/L

chlore libre couramment recherché en bassin privé chloré

T° ÷ 2

repère empirique d’heures de filtration quotidiennes

La règle température de l’eau divisée par deux donne un ordre de grandeur, pas un réglage universel : à 28 °C, elle conduit par exemple à environ 14 heures de filtration par jour. Le volume du bassin, le débit réel de la pompe, l’ensoleillement, la fréquentation et le traitement retenu peuvent conduire à l’ajuster. Une eau limpide ne garantit pas à elle seule un bon équilibre chimique.

Ce que l’automatisation apporte

  • Une filtration plus régulière et moins dépendante des oublis.
  • Des corrections de pH plus progressives, lorsque les sondes sont bien suivies.
  • Un suivi utile des équipements énergivores, notamment chauffage et pompe.
  • Des alertes qui permettent d’identifier plus tôt une panne ou une dérive.

Ce que l’automatisation exige

  • Un investissement initial, auquel peuvent s’ajouter des adaptations électriques et hydrauliques.
  • Des sondes à nettoyer, étalonner et renouveler périodiquement.
  • Une prise en main réelle : les réglages par défaut ne conviennent pas à tous les bassins.
  • Un mode manuel accessible en cas de panne, de coupure réseau ou de maintenance.

Le « bioclimatique » : une logique de réduction des pertes, pas une promesse magique

Dans le vocabulaire de la piscine, l’approche bioclimatique n’est pas une norme technique unique. Elle désigne plutôt la recherche d’un fonctionnement qui tient compte du climat et des usages. Le projet distingué dans cette catégorie s’appuie notamment sur la programmation en fonction des heures d’ensoleillement et de la température.

Dans la pratique, le premier gisement d’économies est souvent très concret : éviter l’évaporation et les déperditions nocturnes. Une couverture adaptée limite les pertes de chaleur, retient une partie des impuretés et réduit la consommation d’eau. La programmation de la pompe à chaleur, le réglage d’une pompe à vitesse variable et l’entretien du filtre viennent ensuite compléter cette stratégie.

Le bon ordre de décision

Avant d’investir dans un pilotage sophistiqué, vérifiez l’isolation des canalisations accessibles, l’état du filtre, la présence d’une couverture et le réglage de la température de consigne. Automatiser un bassin qui perd sa chaleur chaque nuit revient surtout à mieux mesurer une dépense évitable.

Attention également à l’idée selon laquelle le soleil suffirait à rendre une piscine plus économique. Une forte exposition réchauffe l’eau, mais elle accélère aussi l’évaporation et peut favoriser le développement des algues si la filtration et le désinfectant ne suivent pas. Le bon réglage cherche un équilibre entre confort de baignade, protection du bassin et consommation électrique.

Combien prévoir pour moderniser le pilotage d’une piscine ?

Le budget dépend de l’existant. Sur une piscine récente, un coffret peut parfois accueillir une régulation ou un module de connexion sans modification majeure. Sur un local technique ancien, il faut parfois refaire une partie du tableau électrique, ajouter des sondes, revoir le by-pass de la pompe à chaleur ou remplacer une pompe inadaptée. Les montants ci-dessous donnent des repères pour les équipements, hors travaux lourds et hors pose.

Ordres de grandeur pour l’automatisation et la sobriété énergétique
Équipement ou évolutionBudget indicatif hors poseUsage pertinent
Coffret programmableDe l’ordre de 250 à 700 €Remplacer une commande horaire vieillissante et mieux organiser la filtration.
Module de pilotage connectéEnviron 600 à 1 800 €Centraliser plusieurs équipements et recevoir des alertes, si le réseau est fiable.
Régulation automatique du pHDe l’ordre de 450 à 900 €Stabiliser le pH sur un bassin régulièrement utilisé.
Commande redox ou d’électrolyseEnviron 650 à 1 400 €Adapter la production de désinfectant à la mesure, avec contrôles manuels réguliers.
Pompe à vitesse variableDe l’ordre de 700 à 1 600 €Réduire la puissance appelée lors des longues phases de circulation.
Couverture motoriséeSouvent 4 000 à 10 000 €Conserver la chaleur, limiter l’évaporation et faciliter la protection du bassin.

Un devis doit détailler la mise en service

Le matériel ne représente qu’une partie du coût. Demandez séparément la pose, les adaptations électriques et hydrauliques, le paramétrage saisonnier, l’apprentissage de l’application et la première calibration des sondes. Une solution moins chère mais laissée avec ses réglages d’usine peut décevoir dès le premier été.

Une méthode en cinq étapes pour transformer l’innovation en gain réel

Les installations mises en avant par un concours donnent des idées, mais chaque bassin possède ses contraintes : volume, exposition, équipements déjà en place et rythme de baignade. Pour ne pas acheter des fonctions inutiles, une démarche progressive est préférable.

  1. Établir un état des lieux sur une saison. Relevez les heures de filtration, la température, les consommations électriques si possible, les analyses d’eau et les quantités de produits utilisées. Sans point de départ, aucun gain ne peut être évalué sérieusement.
  2. Choisir une priorité unique. Eau instable, facture de chauffage, fonctionnement pendant les absences ou confort de commande : le besoin principal détermine l’équipement à installer. Un système qui veut tout faire d’emblée est souvent plus difficile à régler.
  3. Vérifier la compatibilité du local technique. Débit de pompe, emplacement des sondes, alimentation électrique, réseau Wi-Fi, hydraulique de la pompe à chaleur et accès pour la maintenance doivent être examinés avant la commande.
  4. Exiger une mise en service complète. Le professionnel doit expliquer les consignes, les seuils d’alerte, la marche forcée, le mode manuel et la fréquence d’entretien des sondes. Conservez ces réglages par écrit.
  5. Comparer sur une période longue. Analysez les résultats sur plusieurs semaines comparables, et non après une seule journée chaude. La consommation doit être rapprochée de la température extérieure, du temps de baignade et de l’usage de la couverture.

Sécurité et qualité d’eau : ce qu’aucune application ne remplace

La commande à distance peut faciliter le quotidien, mais elle n’est ni un dispositif de sécurité ni une surveillance des baigneurs. Pour une piscine privée enterrée ou semi-enterrée concernée par l’obligation, l’article L.134-1 du code de la construction et de l’habitation impose un équipement normalisé : barrière conforme à la NF P90-306, alarme NF P90-307, couverture NF P90-308 ou abri NF P90-309. Le choix doit être adapté au bassin et utilisé systématiquement.

Un bassin connecté reste un bassin à surveiller

Une caméra, une alerte sur téléphone ou un volet commandé par application ne se substituent pas à la vigilance d’un adulte. L’automatisation peut assister l’entretien ; elle ne prévient pas à elle seule une chute ou une noyade.

Pour les piscines ouvertes au public, les exigences de suivi sanitaire et d’exploitation sont plus étendues, notamment au regard de l’arrêté du 7 avril 1981 modifié. Les outils de pilotage peuvent aider l’exploitant à suivre son installation, mais les contrôles réglementaires, les procédures d’exploitation et la présence des personnels compétents restent indispensables.

Le vrai enseignement des projets primés

Les réalisations distinguées au concours Klereo 2025 rappellent qu’une piscine performante se conçoit comme un ensemble cohérent. La technique n’a d’intérêt que lorsqu’elle sert une eau stable, une consommation maîtrisée et un usage plus simple. Pour un propriétaire, le meilleur projet n’est donc pas forcément le plus connecté : c’est celui dont les fonctions répondent à des problèmes identifiés, dont le coût est lisible et dont le fonctionnement reste maîtrisable sans écran.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un programmateur et une régulation de piscine ?

Un programmateur déclenche un équipement à des heures prévues, par exemple la pompe de filtration. Une régulation s’appuie sur une mesure, telle que le pH, pour doser progressivement un correcteur. Un système connecté peut regrouper ces fonctions et envoyer des alertes. Plus l’automatisation est avancée, plus l’entretien des sondes et le paramétrage sont importants.

Combien coûte une automatisation de piscine ?

Pour un besoin simple, comptez de l’ordre de 250 à 700 € hors pose pour un coffret programmable. Un module de pilotage connecté se situe souvent entre 600 et 1 800 €, tandis qu’une régulation pH coûte environ 450 à 900 €. Le devis peut augmenter si le local technique exige des travaux électriques, hydrauliques ou le remplacement d’une pompe.

Une piscine connectée fait-elle vraiment baisser la consommation électrique ?

Elle peut aider, mais elle ne crée pas d’économies par elle-même. Le gain vient d’un temps de filtration adapté, d’une pompe bien dimensionnée, d’un chauffage piloté avec cohérence et, surtout, d’une couverture utilisée chaque jour. Comparez les consommations sur plusieurs semaines en tenant compte de la météo, de la température de l’eau et de la fréquentation du bassin.

Une alarme pilotée par smartphone suffit-elle pour sécuriser une piscine ?

Non. Une notification sur téléphone ne constitue pas à elle seule une protection réglementaire. Une piscine privée concernée doit être équipée d’une barrière, d’une alarme, d’une couverture ou d’un abri répondant à la norme applicable. Surtout, aucun équipement ne remplace la surveillance directe d’un adulte lorsqu’un enfant se trouve près de l’eau.

La rédaction de Piscine.fm

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