Aquanale et FSB 2025 : les innovations qui comptent
À Cologne, Aquanale et FSB ont réuni en 2025 les professionnels de la piscine, du wellness et des équipements sportifs. Au-delà des annonces, l’édition éclaire trois priorités concrètes : consommer moins d’énergie, préserver l’eau et piloter les installations sans complexifier leur exploitation.
L’essentiel
- À Cologne, les organisateurs ont annoncé environ 28 000 visiteurs professionnels, 865 exposants et 46 pays représentés.
- Pompe adaptée, hydraulique équilibrée et couverture agissent ensemble : aucun équipement isolé ne rend un bassin sobre.
- Le numérique devient utile lorsqu’il mesure les consommations, alerte sur une dérive et laisse une commande locale simple.
- Pour une piscine privée, un pH de 7,0 à 7,4 et un TAC de 80 à 120 ppm aident à stabiliser l’eau et les traitements.
- La filtration se pilote selon la température, l’usage et le débit réel ; la règle température divisée par deux reste un simple repère.
Réduire les consommations sans sacrifier le confort, maintenir une eau irréprochable avec moins de gaspillage et simplifier l’exploitation : ce sont les trois lignes de force qui ont traversé Aquanale et FSB 2025 à Cologne. Le rapprochement d’un salon consacré à la piscine et au wellness avec un rendez-vous dédié aux équipements sportifs et aux espaces publics permet de regarder la filière autrement : non pas comme une juxtaposition de produits, mais comme un ensemble technique où le bassin, le bâtiment, les usages et la maintenance doivent fonctionner ensemble.
Pour un propriétaire de piscine comme pour un gestionnaire de centre aquatique, la leçon est simple : la solution la plus durable n’est pas nécessairement la plus spectaculaire. C’est celle qui répond à un besoin précis, s’intègre à une hydraulique cohérente, reste maintenable et permet de mesurer son résultat réel.
28 000
visiteurs professionnels annoncés en 2025
865
exposants réunis sur les deux salons
46
pays représentés par les exposants
+11 %
de fréquentation par rapport à 2023
À Cologne, la piscine rencontre les enjeux des équipements publics
Les organisateurs ont comptabilisé environ 28 000 visiteurs professionnels pour l’édition 2025, soit une progression de plus de 11 % par rapport à 2023. Les 865 exposants venus de 46 pays témoignent de l’ampleur de ce rendez-vous. FSB, orienté vers les infrastructures sportives, les loisirs et les espaces publics, comptait à lui seul plus de 575 exposants. Aquanale concentrait pour sa part les solutions liées à la piscine, au sauna, au spa et au wellness.
Cette coexistence est particulièrement intéressante pour les projets français. Une piscine municipale ne se résume pas à son traitement d’eau : ses besoins de chauffage, de ventilation, d’accessibilité, de supervision et de maintenance conditionnent autant son coût d’usage que la qualité de l’accueil. À l’échelle d’une piscine privée, la logique est la même, avec des équipements plus simples : une pompe performante ne compense pas un circuit mal dimensionné, pas plus qu’une application ne remplace l’observation de l’eau.
Le 11e Forum international de la piscine et du wellness a ainsi placé au premier plan la préservation de la ressource, la maintenance des installations et l’intégration de technologies de gestion. Ces thèmes ne sont plus des options de communication : ils structurent les choix d’investissement, en particulier lorsque le prix de l’énergie et les contraintes de disponibilité de l’eau imposent une exploitation plus rigoureuse.
Ce qu’il faut retenir d’un salon professionnel
Un salon révèle des orientations et des solutions disponibles, pas une recette universelle. Avant d’adopter une nouveauté, il faut la confronter au volume du bassin, à l’état du local technique, aux habitudes de baignade, au climat et aux compétences de la personne qui assurera l’entretien.
Quatre innovations à évaluer par leur usage, pas par leur promesse
Les économies d’énergie, la baisse des prélèvements d’eau et la gestion à distance ont dominé les démonstrations. Pour passer de la tendance au bon achat, il faut identifier le problème à résoudre. Une piscine qui chauffe trop lentement, une eau instable ou des factures d’électricité élevées n’appellent pas les mêmes réponses.
| Levier | Bénéfice recherché | Condition de réussite | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Pompe de filtration à vitesse variable | Adapter le débit au besoin et limiter la puissance appelée hors des périodes de forte sollicitation. | Hydraulique correctement dimensionnée et programmation des cycles de filtration. | Un débit trop faible peut dégrader le brassage, la filtration ou le fonctionnement de certains équipements. |
| Pompe à chaleur et couverture | Réduire les déperditions et prolonger raisonnablement la saison de baignade. | Bassin couvert lorsqu’il n’est pas utilisé, appareil adapté au volume et au climat. | Le rendement dépend fortement de la température extérieure, de l’humidité et de l’installation. |
| Pilotage connecté | Suivre les températures, les cycles, certaines mesures d’eau et les consommations. | Alertes utiles, données compréhensibles et possibilité de commande locale. | Les sondes demandent contrôle, étalonnage et parfois remplacement. |
| Optimisation des lavages de filtre | Réduire les pertes d’eau tout en conservant une filtration efficace. | Pression de référence connue, média filtrant entretenu et lavage déclenché au bon moment. | Espacer excessivement les lavages peut nuire à la qualité de l’eau et au débit. |
Les solutions de chauffage solaire, les traitements mieux pilotés ou les systèmes de filtration dits naturels peuvent également trouver leur place. Leur pertinence dépend toutefois de contraintes très concrètes : surface réellement disponible et bien orientée pour le solaire, qualité de l’eau d’appoint, température visée, période d’ouverture, contraintes sanitaires et temps d’entretien acceptable. Une technologie ne devient durable que si elle fonctionne correctement pendant toute sa durée de vie.
Énergie : agir d’abord sur les pertes et le débit
Le chauffage et la circulation de l’eau constituent les principaux postes techniques sur lesquels un particulier peut agir. Dans un centre aquatique, la ventilation et la déshumidification du hall sont également déterminantes. Dans les deux cas, le meilleur kilowattheure est celui qu’il n’est pas nécessaire de produire.
Pour un bassin extérieur privé, une couverture utilisée systématiquement limite l’évaporation et les pertes de chaleur. Elle rend ensuite plus efficace le chauffage existant, qu’il soit assuré par une pompe à chaleur, un échangeur ou un apport solaire. Vient ensuite la filtration : maintenir en permanence une pompe à plein régime est rarement la réponse la plus rationnelle, à condition de conserver un débit suffisant pour homogénéiser l’eau et traverser correctement le filtre.
La règle empirique souvent utilisée pour une piscine privée consiste à viser un temps de filtration quotidien proche de la température de l’eau divisée par deux. Une eau à 28 °C appelle donc, à titre de repère, environ 14 heures de filtration réparties selon les besoins. Ce n’est pas une norme : la fréquentation, l’ensoleillement, les épisodes orageux, le volume du bassin, le traitement et le débit réel doivent ajuster cette durée.
Ce que le pilotage énergétique apporte
- Des cycles adaptés à la température de l’eau et aux heures de baignade.
- La possibilité de détecter une pompe qui tourne anormalement longtemps ou un chauffage sollicité en continu.
- Un historique utile pour vérifier l’effet d’une couverture, d’un réglage ou d’un changement d’équipement.
Ce qu’il ne remplace pas
- Un diagnostic hydraulique, notamment en cas de zones mortes ou de refoulements mal orientés.
- L’entretien du préfiltre, du filtre et des skimmers.
- Une vérification humaine de la transparence de l’eau et de l’état des équipements.
Préserver l’eau sans mettre la qualité sanitaire en difficulté
La sobriété hydrique ne consiste pas à réduire à tout prix les renouvellements ou à repousser indéfiniment le nettoyage du filtre. Elle repose sur une eau équilibrée, une filtration qui retient efficacement les impuretés et des gestes qui évitent de devoir corriger une dérive tardivement. Une eau trouble conduit souvent à multiplier les produits, les lavages et parfois les vidanges partielles : c’est précisément ce qu’un entretien régulier permet d’éviter.
Dans une piscine privée traitée au chlore, un pH compris entre 7,0 et 7,4 favorise à la fois le confort des baigneurs et l’efficacité du désinfectant. Le chlore libre se situe couramment autour de 1 à 2 mg/L, à ajuster selon le procédé de traitement, la température et la fréquentation. Le TAC, généralement recherché entre 80 et 120 ppm, stabilise le pH. Ces repères ne dispensent pas de suivre les préconisations du fabricant de traitement ni de faire contrôler l’eau en cas de doute.
| Contrôle | Fréquence indicative en saison | Ce qu’il permet d’éviter |
|---|---|---|
| pH et désinfectant | Deux à trois fois par semaine, davantage lors de forte fréquentation ou de chaleur. | Une désinfection inefficace, les irritations et les corrections brutales. |
| Panier de skimmer et préfiltre de pompe | Chaque semaine, ou dès que le débit semble baisser. | La baisse de circulation et le fonctionnement inutilement énergivore de la pompe. |
| Pression du filtre | À noter après un nettoyage, puis à surveiller régulièrement. | Les contre-lavages réalisés trop tôt ou trop tard. |
| Niveau d’eau et recherche de fuite | Après une baisse inhabituelle ou un remplissage anormalement fréquent. | Le gaspillage discret causé par une fuite ou un débordement. |
Le piège des économies mal calibrées
Réduire les heures de filtration, abaisser le débit ou espacer les lavages sans suivre la qualité de l’eau peut produire l’effet inverse : eau dégradée, produits correcteurs supplémentaires, nettoyage lourd et consommation d’eau accrue. Toute optimisation doit être mesurée sur plusieurs semaines.
Le numérique devient utile quand il aide à décider
Les outils de supervision occupent une place croissante dans les installations présentées à Aquanale et FSB. Leur intérêt ne réside pas dans l’écran ou l’application, mais dans leur capacité à rendre visibles les dérives : hausse de consommation électrique, température incohérente, pression inhabituelle, temps de filtration excessif ou écart persistant de pH.
Pour un particulier, l’objectif raisonnable est de centraliser quelques données utiles et de conserver une commande manuelle claire. Pour un exploitant public, l’enjeu est plus large : relier les données de plusieurs équipements, planifier la maintenance et arbitrer les priorités d’investissement. Dans les deux cas, des données inexactes ou jamais consultées n’apportent aucun gain.
Un diagnostic en six étapes avant d’acheter
- Établir le point de départ. Relever pendant plusieurs semaines les heures de filtration et de chauffage, les consommations disponibles, les températures, les lavages du filtre et les ajouts d’eau.
- Définir le problème prioritaire. Distinguer une facture d’électricité élevée, une eau instable, une montée en température lente, un bruit de pompe ou un besoin de confort supplémentaire.
- Vérifier l’existant. Contrôler l’état du filtre, des vannes, des canalisations, des skimmers, des refoulements et de la couverture avant de changer une machine.
- Comparer des scénarios complets. Demander un chiffrage qui inclut fourniture, pose, compatibilité avec les équipements existants, paramétrage et maintenance.
- Choisir des indicateurs simples. Par exemple : durée de filtration, consommation électrique, température de l’eau, fréquence de lavage et stabilité du pH.
- Mesurer après installation. Comparer les données avec la période précédente, en tenant compte de la météo et du nombre de baignades, puis ajuster les réglages.
Dans les piscines publiques, l’innovation doit aussi servir l’accès et la maintenance
FSB a rappelé qu’un équipement de loisirs ou de sport se juge autant par son accessibilité et sa longévité que par son apparence. Pour une collectivité, un projet de rénovation énergétique peut être l’occasion d’améliorer les parcours usagers, les vestiaires, l’accessibilité des personnes à mobilité réduite et les conditions de travail des équipes techniques.
La rénovation la plus cohérente traite l’enveloppe du bâtiment, les installations thermiques, le traitement de l’air, les circuits hydrauliques et les outils de supervision selon un même plan. Changer uniquement la chaudière, la pompe ou le système de dosage laisse souvent subsister un poste de pertes majeur. Le choix de matériels réparables, documentés et accessibles pour la maintenance compte tout autant que leur rendement annoncé.
La question à poser à chaque fournisseur
Demandez quelles données prouveront le résultat dans un an : consommation, débit, température, quantité d’eau renouvelée, durée d’indisponibilité ou temps de maintenance. Une réponse précise vaut mieux qu’une promesse d’économie sans méthode de mesure.
Une innovation durable est une innovation mesurable
Les tendances vues à Cologne convergent vers une piscine moins énergivore, moins gaspilleuse d’eau et plus facile à exploiter. Mais le choix d’un équipement doit rester subordonné à un diagnostic. Une couverture bien utilisée, un filtre entretenu, une hydraulique équilibrée et des réglages suivis produisent souvent des gains immédiats, avant même l’ajout de technologie.
La meilleure approche consiste à investir par ordre de priorité : supprimer les pertes, fiabiliser la circulation et la qualité de l’eau, automatiser ce qui mérite de l’être, puis suivre les résultats. C’est à cette condition que les innovations mises en avant par Aquanale et FSB deviennent des solutions concrètes pour les bassins privés comme pour les équipements collectifs.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’Aquanale et FSB à Cologne ?
Aquanale est un salon professionnel consacré aux équipements de piscine, de sauna, de spa et de wellness. FSB porte sur les équipements sportifs, les espaces de loisirs et les infrastructures publiques. Organisés conjointement à Cologne, ils permettent de croiser les enjeux des bassins privés, des centres aquatiques, du sport et de l’aménagement des espaces collectifs.
Une pompe à vitesse variable fait-elle vraiment économiser de l’électricité ?
Elle peut réduire la consommation lorsque l’installation fonctionne à un débit plus faible durant les périodes compatibles avec une bonne filtration. Le gain dépend toutefois du dimensionnement des canalisations, du filtre, du traitement et des plages de fonctionnement. Une pompe mal réglée ou sous-dimensionnée peut au contraire dégrader le brassage de l’eau. Un diagnostic hydraulique reste indispensable.
Comment réduire la consommation d’eau de sa piscine ?
Commencez par maintenir l’équilibre de l’eau, nettoyer régulièrement les paniers et surveiller la pression du filtre pour déclencher les lavages au bon moment. Contrôlez aussi toute baisse anormale de niveau, qui peut signaler une fuite. Réduire arbitrairement les contre-lavages ou la filtration n’est pas une bonne économie : cela peut entraîner une eau trouble et davantage de corrections.
Quelle durée de filtration choisir en été ?
Pour une piscine privée, la règle empirique température de l’eau divisée par deux donne un ordre de grandeur en heures quotidiennes : environ 14 heures pour une eau à 28 °C. Elle doit être modulée selon le volume, le débit réel, la fréquentation, l’ensoleillement et le traitement utilisé. Après un épisode de chaleur, d’orage ou de baignades nombreuses, augmentez temporairement la surveillance.
Faut-il installer une application connectée pour gérer sa piscine ?
Ce n’est pas indispensable. Une application est pertinente si elle aide à suivre des données utiles, comme les temps de filtration, la température, les consommations ou les alertes techniques. Elle ne remplace ni les analyses d’eau, ni l’entretien du filtre, ni un contrôle visuel régulier. Privilégiez un système simple, avec commande locale et capteurs dont l’étalonnage est maîtrisé.