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Piscines publiques & Territoires

À Saint-Gilles, une piscine rénovée pour durer et moins consommer

Inaugurée le 14 janvier 2026 avant une ouverture annoncée le 19 janvier, la piscine municipale de Saint-Gilles a attiré plus de 500 visiteurs. Sa rénovation de 2,6 millions d’euros illustre les choix qui permettent à un bassin public vieillissant de rester accessible, sobre et utile aux écoles comme aux clubs.

Bassin intérieur rénové d’une piscine municipale avec lignes d’eau, vestiaires lumineux et baigneurs de dos
Bassin intérieur rénové d’une piscine municipale avec lignes d’eau, vestiaires lumineux et baigneurs de dos — Photo d’illustration

L’essentiel

  • La piscine municipale de Saint-Gilles a été inaugurée le 14 janvier 2026, avec plus de 500 visiteurs, avant une ouverture publique annoncée le 19 janvier.
  • Le chantier, fermé depuis l’automne 2023 et long de plus de deux ans, représente 2,6 millions d’euros d’investissement selon la commune.
  • Pompes à chaleur, photovoltaïque et UV doivent contribuer à réduire de plus de 30 % l’énergie et d’environ 40 % l’eau consommée.
  • Les UV réduisent les chloramines et l’inconfort associé, mais ne remplacent ni le désinfectant résiduel, ni la filtration, ni les contrôles sanitaires.
  • Avec près de 30 000 usagers annuels avant sa fermeture, le bassin reste un outil central pour les écoles, les clubs et les nageurs locaux.

Plus de 500 personnes ont découvert, le 14 janvier 2026, la piscine municipale rénovée de Saint-Gilles. La ville a annoncé une ouverture officielle au public le 19 janvier. Derrière l’affluence d’une inauguration, l’enjeu est très concret : remettre durablement en service un équipement de proximité, construit en 1977 dans le cadre du programme national « Mille piscines », et longtemps fréquenté par les habitants, les scolaires et les associations.

Fermé depuis l’automne 2023, le site a fait l’objet d’un chantier de plus de deux ans, chiffré à 2,6 millions d’euros. La commune met en avant une baisse visée de plus de 30 % des consommations d’énergie et d’environ 40 % des consommations d’eau, grâce notamment à des pompes à chaleur, des panneaux photovoltaïques et un traitement par UV. Ces résultats dépendront désormais de la conduite quotidienne de l’équipement, de sa fréquentation et de la qualité du suivi technique.

2,6 M€

montant annoncé pour la rénovation

> 2 ans

de travaux après la fermeture de 2023

> 30 %

de baisse énergétique visée par la ville

≈ 40 %

de réduction d’eau annoncée

Une réouverture qui dépasse le seul confort des baigneurs

Avant les travaux, cette piscine était présentée comme l’un des bâtiments les plus énergivores de Saint-Gilles. C’est le cas de nombreux bassins municipaux des années 1970 : chauffer l’eau est indispensable, mais chauffer et renouveler l’air d’une halle humide, filtrer en continu et renouveler une part de l’eau pèsent tout autant sur les factures.

La réhabilitation concerne aussi les vestiaires et les douches. Ce sont des espaces moins spectaculaires qu’un bassin, mais décisifs pour l’usage réel d’une piscine : des cheminements lisibles, des cabines en bon état, des sanitaires entretenus et une accessibilité mieux pensée conditionnent la venue des familles, des personnes âgées, des groupes scolaires et des personnes à mobilité réduite.

L’équipement avait accueilli environ 30 000 usagers par an avant sa fermeture, selon les éléments communiqués par la commune. Retrouver ce niveau de fréquentation ne dépendra pas uniquement de la qualité du chantier. La répartition des créneaux entre établissements scolaires, clubs, séances publiques et activités encadrées sera déterminante.

Une piscine publique est d’abord un service collectif

Un bassin municipal ne se juge pas seulement à son nombre d’entrées. Il répond à plusieurs missions qui se partagent les mêmes lignes d’eau : apprentissage scolaire de la nage, pratique sportive associative, loisirs, santé et accès des habitants à un lieu de baignade encadré.

Ce que les travaux annoncés peuvent réellement changer

À Saint-Gilles, la rénovation associe production photovoltaïque, pompes à chaleur, remise à niveau des espaces d’accueil et système de déchloramination par ultraviolets. Ces équipements n’agissent pas sur les mêmes postes : les comprendre permet d’éviter de confondre confort, sobriété et qualité sanitaire.

Les équipements annoncés à Saint-Gilles et leur rôle dans une piscine publique
Équipement ou interventionFonction principaleCe qu’il faut suivre dans le temps
Pompes à chaleurProduire de la chaleur pour l’eau et, selon la conception du site, contribuer aux besoins thermiques du bâtiment.Réglages de température, entretien, consommation électrique et performance quand l’air extérieur est froid.
Panneaux photovoltaïquesProduire localement une partie de l’électricité consommée en journée.Part d’électricité autoconsommée, maintenance des onduleurs et adéquation entre production solaire et besoins du site.
Réhabilitation des vestiaires et douchesAméliorer l’accueil, l’hygiène, les circulations et l’accessibilité des usagers.État des surfaces, ventilation, entretien quotidien et maîtrise des consommations d’eau chaude.
UV de déchloraminationRéduire certains sous-produits chlorés responsables d’odeurs et d’inconfort.Qualité de l’eau, état des lampes et maintien d’une désinfection réglementaire avec un résiduel désinfectant.

Les pompes à chaleur sont souvent pertinentes dans un bassin collectif parce qu’elles déplacent des calories plutôt qu’elles ne les produisent directement par résistance électrique. Leur efficacité varie toutefois avec les températures, le dimensionnement et la régulation. Les panneaux photovoltaïques ne chauffent pas eux-mêmes l’eau : ils produisent de l’électricité. Leur intérêt est maximal quand cette production est consommée sur place, par les nombreux équipements qui fonctionnent pendant la journée.

Les UV améliorent le confort, mais ne remplacent pas le chlore

Le traitement aux ultraviolets est fréquemment mal compris. Dans une piscine, la déchloramination UV agit sur les chloramines, des composés formés lorsque le chlore réagit avec les pollutions apportées par les baigneurs. Ce sont elles qui sont généralement associées à l’odeur irritante dite « odeur de chlore », aux yeux rouges et à l’inconfort respiratoire dans une halle très fréquentée.

Le rayonnement UV traite l’eau lorsqu’elle passe dans le réacteur. Il ne laisse pas d’action désinfectante durable dans le bassin. La piscine doit donc conserver un désinfectant résiduel et contrôler son eau. Un pH couramment recherché avec un traitement chloré se situe autour de 7,0 à 7,4, afin de concilier efficacité du désinfectant et confort ; dans un établissement public, les valeurs à respecter et les contrôles relèvent du cadre sanitaire applicable au site.

Ce que la déchloramination UV apporte

  • Une diminution possible des chloramines quand l’installation est correctement dimensionnée et entretenue.
  • Un meilleur confort olfactif et respiratoire, particulièrement utile dans les espaces intérieurs très fréquentés.
  • Un complément au traitement de l’eau qui peut aider à mieux maîtriser les sous-produits de désinfection.

Ce qu’elle ne fait pas à elle seule

  • Elle ne dispense ni du chlore ou autre désinfectant autorisé, ni de la filtration, ni des analyses.
  • Elle ne corrige pas une eau déséquilibrée, une fréquentation excessive ou des douches insuffisamment prises.
  • Elle implique un suivi technique : lampes, enveloppes de quartz et débit d’eau doivent être contrôlés.

La qualité de l’eau reste une obligation de résultat

Les piscines ouvertes au public sont soumises à l’arrêté du 7 avril 1981 modifié relatif aux dispositions techniques applicables aux piscines. L’exploitant assure une surveillance de l’installation et les autorités sanitaires contrôlent l’eau. Une technologie nouvelle ne réduit donc jamais l’exigence de filtration, de renouvellement, d’analyses et de traçabilité.

Économiser 40 % d’eau : un objectif qui se joue dans l’exploitation

Une baisse de consommation d’eau d’environ 40 %, telle qu’annoncée à Saint-Gilles, ne provient pas d’un seul appareil. Dans un bassin public, l’eau sert au remplissage, à la compensation de l’évaporation et des éclaboussures, aux lavages de filtres, au nettoyage des plages et aux douches. Les pertes invisibles, notamment une fuite ou un renouvellement mal piloté, peuvent aussi peser lourd.

Les marges d’économie les plus durables viennent habituellement d’un suivi précis des compteurs, d’une détection rapide des fuites, d’un lavage des filtres ajusté à leur encrassement, d’équipements sanitaires économes et d’une sensibilisation des usagers. La douche savonnée avant la baignade est un geste d’hygiène, mais aussi un levier de traitement : moins de sueur, de cosmétiques et de matières organiques dans l’eau signifie moins de chloramines et une filtration moins sollicitée.

Rénovation énergétique : les résultats se mesurent, ils ne se décrètent pas

Les annonces de performance donnent une direction, non une garantie automatique. La consommation d’une piscine varie selon le volume des bassins, la température d’eau et d’air, les horaires d’ouverture, la fréquentation, les activités proposées et la météo. Une année avec davantage de créneaux scolaires ou de vagues de froid ne se compare pas simplement à l’année précédente.

Pour évaluer l’effet concret d’un chantier, une collectivité gagne à suivre des indicateurs par mois et par entrée : kilowattheures d’électricité et de chaleur, mètres cubes d’eau, température de bassin, taux de chloramines, volume de lavage des filtres et nombre de baigneurs. Rapportée au nombre d’usagers, cette lecture évite de prendre une baisse de fréquentation pour une économie technique.

Un financement partagé, un coût d’exploitation à surveiller

Le chantier a été annoncé à 2,6 millions d’euros. La ville indique que les concours de l’Agence nationale du sport, du Département du Gard et de Nîmes Métropole ont ramené son reste à charge à moins de 30 % du total. Les subventions financent l’investissement ; la maîtrise de l’énergie, de l’eau et de la maintenance conditionne ensuite l’équilibre annuel de l’équipement.

Pourquoi conserver une piscine de proximité reste un choix de territoire

La piscine de Saint-Gilles n’est pas seulement un lieu de loisirs. La commune prévoit d’y accueillir les écoles et les associations locales. Pour les élèves, l’accès à un bassin encadré permet d’organiser l’apprentissage de la nage dans des conditions maîtrisées. Pour les clubs, il assure des créneaux réguliers sans imposer des déplacements plus longs vers les équipements voisins.

Cette dimension explique pourquoi la rénovation d’un bassin existant peut être un choix structurant. La reconstruction d’un équipement, son abandon ou la délégation des créneaux à une autre commune ont des conséquences sur le transport des classes, les horaires des familles, l’activité des associations et l’égalité d’accès au sport. Le programme « Mille piscines », dont le bassin de 1977 est issu, répondait déjà à cette ambition d’équiper les territoires pour développer l’apprentissage de la natation.

À la réouverture, les repères utiles pour les habitants

Les visiteurs de l’inauguration ont pu découvrir un site modernisé, mais seuls les horaires, les tarifs, les conditions d’accès et le planning des activités publiés par l’exploitant permettent de préparer une visite. Ces éléments ne figuraient pas dans l’annonce de rénovation : il convient donc de les vérifier directement auprès de la ville ou de l’accueil de la piscine avant de se déplacer.

  1. Consulter les créneaux publics. Les plages d’ouverture évoluent selon les vacances, les cours scolaires, les compétitions et les activités associatives. Un bassin peut être ouvert sans que toutes ses lignes d’eau soient disponibles au public.
  2. Vérifier les conditions d’accès. Maillot de bain autorisé, bonnet éventuel, âge des enfants non accompagnés, justificatifs de tarifs réduits et moyens de paiement sont des règles propres à chaque établissement.
  3. Prévoir une douche savonnée. Elle limite les apports de crème, de sueur et de cosmétiques. C’est une règle de savoir-vivre qui améliore aussi la qualité de l’eau pour tous.
  4. Signaler toute gêne inhabituelle. Une forte odeur, des irritations ou un problème de propreté doivent être signalés immédiatement au personnel, sans chercher à intervenir soi-même sur les installations.

La réussite de la réouverture se jouera donc au-delà des premiers jours d’affluence. Si les économies annoncées se confirment et si les créneaux répondent aux besoins des habitants, des scolaires et des clubs, Saint-Gilles disposera à nouveau d’un équipement public capable de concilier pratique de la nage, confort d’usage et sobriété des ressources.

Questions fréquentes

Quand la piscine municipale rénovée de Saint-Gilles ouvre-t-elle au public ?

L’inauguration s’est tenue le 14 janvier 2026 et la ville a annoncé une ouverture officielle au public le 19 janvier 2026. Les horaires détaillés, les créneaux de nage libre et les éventuelles périodes réservées aux scolaires ou aux associations doivent être vérifiés auprès de la commune ou directement à l’accueil de l’établissement.

Quels travaux ont été réalisés à la piscine de Saint-Gilles ?

Selon la commune, la rénovation a porté sur la performance énergétique, avec des pompes à chaleur et des panneaux photovoltaïques, ainsi que sur les vestiaires et les douches. Un dispositif de déchloramination par ultraviolets a aussi été installé. Le chantier, engagé après la fermeture de l’automne 2023, a duré plus de deux ans.

Les UV permettent-ils de supprimer le chlore dans une piscine publique ?

Non. Les UV peuvent dégrader une partie des chloramines, responsables notamment d’odeurs et d’irritations, lorsque l’eau traverse le réacteur. Mais ils n’assurent pas une action désinfectante persistante dans le bassin. Une piscine publique doit maintenir un traitement désinfectant adapté, une filtration efficace et des contrôles sanitaires réguliers.

Pourquoi une piscine municipale consomme-t-elle autant d’énergie ?

Chauffer l’eau ne représente qu’une part des besoins. Une piscine doit aussi filtrer l’eau en continu, traiter l’air humide, chauffer les douches et renouveler une partie de l’eau. La fréquentation, les températures d’eau et d’air, les horaires d’ouverture et l’état du bâtiment font fortement varier les consommations d’un établissement à l’autre.

Comment une piscine publique peut-elle réduire sa consommation d’eau ?

Les économies viennent d’un ensemble d’actions : surveillance des fuites, suivi des compteurs, lavages de filtres correctement réglés, équipements de douche économes et nettoyage maîtrisé. La douche savonnée avant baignade contribue aussi à réduire les pollutions apportées dans le bassin, ce qui limite la formation de chloramines et les besoins de traitement.

La rédaction de Piscine.fm

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