À Fréjus, le Pool Pro Tour met la rénovation piscine en débat
L’étape du Pool Pro Tour organisée à Fréjus le 13 novembre 2025 a réuni des professionnels autour des équipements connectés, de la sécurité et de la rénovation. Au-delà des nouveautés, elle éclaire les choix concrets à faire pour moderniser un bassin sans engager de dépenses mal ciblées.
L’essentiel
- L’étape du Pool Pro Tour du 13 novembre 2025 à Fréjus a placé la rénovation, la sécurité et les équipements connectés au cœur des échanges.
- Avant de remplacer un revêtement ou une pompe, une recherche de fuite et un contrôle du réseau hydraulique peuvent éviter des travaux à refaire.
- Une régulation connectée aide à programmer filtration et équipements, mais elle ne remplace ni l’analyse de l’eau ni l’entretien manuel du bassin.
- Pour une piscine privée enterrée non close, un volet ne vaut dispositif de sécurité que s’il répond notamment à la norme NF P90-308.
- Une couverture automatique en rénovation représente souvent 6 000 à 15 000 € ou plus ; le devis doit inclure les adaptations nécessaires.
À Fréjus, une étape tournée vers les besoins de terrain
Le Pool Pro Tour 2025, tournée professionnelle annoncée du 14 octobre au 11 décembre en France et en Suisse, a fait étape à Fréjus le 13 novembre. Le rendez-vous s’adressait aux constructeurs, rénovateurs, techniciens de maintenance et installateurs qui interviennent au quotidien sur les bassins privés.
Le format présenté était volontairement resserré : chaque entreprise disposait d’un temps de parole de dix minutes avant des échanges plus approfondis sur les stands. Cet enchaînement permettait de passer rapidement des promesses techniques aux questions qui comptent sur un chantier : compatibilité avec une installation existante, délai de pose, accès au local technique, usage réel du client et conditions de maintenance.
13 novembre 2025
Date de l’étape de Fréjus
14 oct. – 11 déc.
Période annoncée du Pool Pro Tour 2025
10 minutes
Format de présentation par entreprise
Le signal à retenir
À Fréjus, la rénovation est apparue comme le fil conducteur des discussions. Moderniser un bassin ne consiste plus seulement à remplacer un revêtement : le projet peut concerner l’étanchéité, la filtration, le pilotage, la couverture, le chauffage ou la détection d’une fuite.
Les équipements présentés : ce qu’ils changent vraiment dans un projet
La liste communiquée pour l’étape de Fréjus réunissait AB Pool, ISI Miroir, Binder, Delifol, Extrabat, Klereo, Piscimar, T&A et Locamex. Les domaines abordés allaient des membranes armées aux couvertures automatiques, en passant par la nage à contre-courant, l’automatisation, les logiciels de gestion, le traitement de l’eau et la recherche de fuites.
Pour le propriétaire d’un bassin, cette diversité rappelle une réalité souvent sous-estimée : une rénovation efficace commence par le bon diagnostic. Un volet qui fonctionne mal peut être un sujet mécanique ou électrique ; une eau difficile à stabiliser peut venir d’une filtration sous-dimensionnée, d’un mauvais équilibre ou d’un temps de circulation insuffisant ; une baisse de niveau peut être liée à l’évaporation, à une fuite hydraulique ou à une défaillance du revêtement.
| Solution | Ce qu’elle peut résoudre | Point à vérifier avant de choisir | Ordre de grandeur posé |
|---|---|---|---|
| Pilotage connecté | Programmes de filtration, chauffage, éclairage et alertes selon les équipements raccordés. | Compatibilité des pompes, sondes, coffret électrique et réseau de communication. | Environ 800 à 3 000 € pour une modernisation simple, hors adaptations lourdes. |
| Couverture automatique | Sécurise l’accès lorsqu’elle est conforme, limite le refroidissement et les salissures. | Configuration du bassin, emplacement du coffre, état des fixations et conformité du modèle. | Souvent de l’ordre de 6 000 à 15 000 € ou davantage en rénovation complexe. |
| Membrane armée | Rénove l’étanchéité et l’aspect d’un bassin, avec de nombreuses finitions possibles. | Préparation du support, reprises des pièces à sceller et traitement des angles. | Environ 50 à 100 € par m², selon la forme et les reprises nécessaires. |
| Recherche de fuite | Localise une perte d’eau avant de refaire un revêtement ou de modifier le réseau. | Comparaison avec l’évaporation, test hydraulique et méthode adaptée au bassin. | Généralement quelques centaines d’euros ; le coût dépend des investigations requises. |
| Nage à contre-courant | Ajoute un usage sportif ou de détente sans allonger le bassin. | Débit disponible, alimentation électrique, hydraulique et bruit perçu à l’utilisation. | Budget très variable selon qu’il s’agit d’un appareil apparent ou intégré au bassin. |
Ces montants ne remplacent pas un devis. Ils donnent un repère pour comparer des offres qui doivent détailler le matériel, la main-d’œuvre, les adaptations électriques et hydrauliques, les reprises de finition, l’évacuation éventuelle des anciens équipements et la mise en service.
La rénovation, un chantier global plutôt qu’une succession d’achats
Le piège le plus courant consiste à traiter un symptôme isolé. Installer une régulation connectée sur une filtration fatiguée ne rendra pas l’eau plus saine. Changer le revêtement sans contrôler les pièces à sceller, les canalisations et l’évacuation des eaux de pluie peut exposer le chantier à une reprise coûteuse. De même, une couverture ne compense pas une margelle instable ou un accès au bassin mal conçu.
La séquence utile est donc la suivante : étanchéité et structure d’abord, circulation de l’eau ensuite, sécurité puis confort et automatisation. Ce raisonnement n’interdit pas les projets ambitieux ; il évite surtout que la technologie devienne un cache-misère.
La recherche de fuite avant tout remplacement
La présence de Locamex à Fréjus illustre l’importance prise par le diagnostic de fuite. Une baisse de niveau n’est pas, à elle seule, une preuve : l’évaporation varie avec le vent, l’ensoleillement, la température de l’eau et l’utilisation du bassin. En revanche, une perte persistante, une zone humide inhabituelle, des appoints d’eau fréquents ou de l’air dans le circuit hydraulique justifient une investigation.
Faire rechercher la fuite avant de commander un liner, une membrane ou une pompe évite de financer deux fois les mêmes travaux. Les techniques mobilisées par les spécialistes peuvent combiner test de pression des canalisations, écoute électroacoustique, inspection et contrôles ciblés des pièces à sceller. La méthode dépend de la configuration du bassin : aucun outil ne convient à toutes les situations.
Attention aux travaux lancés trop vite
Un revêtement neuf peut masquer temporairement les effets d’une fuite située sur un circuit, une bonde, un projecteur ou une traversée de paroi. En cas de doute sur une consommation d’eau anormale, le diagnostic doit précéder la rénovation esthétique.
Piscine connectée : utile pour piloter, pas pour oublier l’entretien
Les solutions d’automatisation et de gestion mises en avant durant l’étape répondent à une attente concrète : réduire les manipulations répétitives et suivre à distance certains paramètres ou équipements. Sur une piscine bien conçue, elles peuvent programmer la filtration, coordonner la pompe à chaleur, commander l’éclairage et signaler une anomalie. Elles sont particulièrement pertinentes pour une résidence secondaire, un bassin utilisé de façon irrégulière ou une installation dotée de plusieurs équipements.
Leur limite est nette : une application ne remplace ni le contrôle visuel de l’eau, ni le nettoyage des paniers, ni l’analyse manuelle de confirmation. Pour une eau traitée au chlore, un pH compris entre 7,0 et 7,4 et un chlore libre généralement situé entre 1 et 2 mg/L restent des repères usuels ; ils doivent être adaptés au procédé de traitement et aux consignes du fabricant. La règle empirique d’un temps de filtration correspondant à la température de l’eau divisée par deux donne un point de départ, pas une programmation universelle.
Ce que l’automatisation apporte
- Des cycles plus réguliers et moins d’oublis de filtration.
- Un pilotage centralisé des équipements compatibles.
- Des alertes utiles pour agir avant qu’un défaut ne s’aggrave.
- Un meilleur suivi des usages et des consommations lorsqu’il est correctement paramétré.
Ce qu’elle ne remplace pas
- Le dimensionnement correct de la pompe, du filtre et des canalisations.
- La vérification des sondes, qui peuvent dériver avec le temps.
- Les gestes d’entretien : brossage, vidage des paniers et contrôle des niveaux.
- La surveillance humaine des baigneurs et le respect des consignes de sécurité.
Couverture et volet : confort, économies et obligation de conformité
Les couvertures automatiques, autre thème abordé à Fréjus, répondent à plusieurs fonctions : protéger le bassin des feuilles, freiner le refroidissement nocturne et, pour les modèles concernés, constituer un dispositif de sécurité. Mais il faut éviter un raccourci : tout volet n’est pas automatiquement un dispositif réglementaire.
En France, les piscines privées enterrées non closes doivent être équipées d’au moins un dispositif normalisé de sécurité. Une couverture apte à remplir ce rôle relève de la norme NF P90-308. Elle doit être choisie, installée et utilisée conformément à ses prescriptions. La barrière correspond à la NF P90-306, l’alarme à la NF P90-307 et l’abri à la NF P90-309. Le cadre légal est notamment fixé par l’article L.134-1 du code de la construction et de l’habitation.
Une protection ne dispense jamais de surveiller
Un dispositif normalisé réduit le risque d’accès non prévu au bassin ; il ne remplace ni la vigilance des adultes ni les règles de baignade. Il doit être remis en place après chaque usage, et son bon fonctionnement doit être contrôlé régulièrement.
Comment transformer une démonstration en projet de rénovation fiable
Un salon ou un roadshow donne des idées ; la décision doit se prendre devant le bassin, plans et contraintes en main. Pour éviter les options incompatibles ou les devis difficiles à comparer, une méthode en cinq étapes est préférable.
- Établir un état des lieux documenté. Relever l’âge du bassin, les dimensions, le type de revêtement, les équipements en place, les défauts constatés et les factures d’énergie ou d’eau disponibles.
- Classer les priorités. Distinguer ce qui relève de la sécurité, de l’étanchéité, de la qualité d’eau, du confort et de l’esthétique. Un budget contraint doit d’abord couvrir les trois premières catégories.
- Faire contrôler les réseaux et le local technique. Vérifier la compatibilité électrique, l’état de la filtration, les vannes, les canalisations et l’accessibilité avant de retenir un équipement connecté ou motorisé.
- Comparer des devis à périmètre égal. Demander le détail des fournitures, de la pose, des reprises de maçonnerie ou d’étanchéité, des garanties, de la mise en service et de la formation à l’usage.
- Prévoir la réception et l’entretien. Tester les commandes, obtenir les notices, connaître les opérations d’hivernage et identifier les pièces d’usure avant la fin du chantier.
Ce que les rencontres professionnelles apportent au secteur
Le principal intérêt d’un format tel que celui du Pool Pro Tour n’est pas de multiplier les annonces, mais de rapprocher ceux qui conçoivent les équipements de ceux qui les installent et les dépannent. Les échanges signalés à Fréjus sur la rénovation et les outils de gestion montrent que la valeur d’une innovation se mesure d’abord à sa capacité à simplifier un chantier, à fiabiliser l’exploitation et à répondre à un besoin clairement identifié.
Pour les particuliers, cette évolution se traduit par une exigence utile : demander non seulement ce qu’un équipement sait faire, mais aussi ce qu’il implique en installation, en maintenance et en coût d’usage. C’est à cette condition qu’une piscine rénovée gagne réellement en confort, en sobriété et en durabilité.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Pool Pro Tour ?
Le Pool Pro Tour est un rendez-vous itinérant destiné aux professionnels de la piscine : installateurs, rénovateurs, techniciens et fabricants. Son édition 2025 était annoncée du 14 octobre au 11 décembre en France et en Suisse. À Fréjus, le 13 novembre, les échanges ont porté notamment sur la rénovation, les couvertures, l’automatisation, l’étanchéité et la détection de fuites.
Quel équipement moderniser en premier sur une vieille piscine ?
La priorité va à ce qui engage la sécurité, l’étanchéité et la circulation de l’eau. Il faut d’abord identifier une éventuelle fuite, contrôler le revêtement, les pièces à sceller, les canalisations et la filtration. Un volet, une pompe à chaleur ou un pilotage connecté deviennent pertinents une fois ces fondations techniques fiabilisées. Un diagnostic sur place est préférable à une décision fondée sur l’esthétique seule.
Un volet roulant de piscine est-il obligatoire et suffit-il pour être en règle ?
Un volet n’est pas obligatoire en tant que tel. Une piscine privée enterrée non close doit toutefois disposer d’un des quatre dispositifs de sécurité normalisés : barrière, alarme, couverture ou abri. Pour tenir lieu de protection, une couverture doit notamment respecter la norme NF P90-308 et être correctement installée et utilisée. Elle ne dispense jamais de la surveillance active des baigneurs.
Une piscine connectée permet-elle de ne plus tester l’eau ?
Non. Les capteurs et automatismes peuvent suivre des paramètres, piloter la filtration et signaler des écarts, mais ils doivent eux-mêmes être vérifiés et correctement étalonnés. Une analyse manuelle régulière reste nécessaire pour confirmer l’état de l’eau, notamment le pH et le désinfectant. Le nettoyage des paniers, le brossage et l’inspection visuelle du bassin restent également indispensables.
Comment savoir si ma piscine perd de l’eau à cause d’une fuite ?
Il faut d’abord distinguer une perte anormale de l’évaporation, qui augmente avec le soleil, le vent et la chaleur. Des appoints d’eau très fréquents, une baisse persistante, des bulles dans le circuit ou une zone humide près des canalisations sont des signaux d’alerte. Avant tout remplacement de revêtement, un spécialiste peut réaliser des essais hydrauliques et une recherche de fuite adaptée au bassin.