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À Nancy, Gentilly relance le débat sur la piscine de demain

Fermée en janvier 2022 après l’apparition de fragilités du bâtiment, la piscine Alfred-Nakache de Gentilly doit être entièrement reconstruite sur son site à Nancy. Le projet annoncé pour 2030, chiffré à 30 millions d’euros, pose une question structurante : quel bassin faut-il pour concilier natation, écoles, clubs et loisirs ?

Vue extérieure d’un centre aquatique municipal moderne avec façades vitrées et bassin sportif visible à l’intérieur
Vue extérieure d’un centre aquatique municipal moderne avec façades vitrées et bassin sportif visible à l’intérieur — Illustration générée par IA pour Piscine.fm

L’essentiel

  • Fermée en janvier 2022 après des fragilités du bâtiment, la piscine Alfred-Nakache de Gentilly doit être reconstruite sur son site à Nancy.
  • Le projet présenté en 2024 vise une ouverture à l’horizon 2030 et prévoit une enveloppe de 30 millions d’euros pour la reconstruction.
  • Le choix encore ouvert entre un bassin de 25 m et de 50 m déterminera la capacité sportive, les usages scolaires et les coûts futurs.
  • Espaces familiaux, équipements aqualudiques et fosse de plongée de 5 m sont annoncés, mais ils devront cohabiter avec les lignes de nage.
  • Le Grand Nancy évoquait aussi 13 millions d’euros sur douze ans pour moderniser d’autres piscines, dont Vandœuvre, Laxou et Laneuveville.

La fermeture de la piscine olympique Alfred-Nakache, dans le quartier Gentilly à Nancy, a privé le territoire d’un équipement majeur depuis janvier 2022. Selon le projet présenté en 2024, le bâtiment, fragilisé, doit laisser place à une reconstruction complète sur le même site, avec une mise en service envisagée à l’horizon 2030. L’enveloppe annoncée s’élève à 30 millions d’euros.

Au-delà du futur bâtiment, le dossier met en lumière un choix auquel sont confrontées de nombreuses collectivités : reconstruire une piscine pour répondre aux pratiques quotidiennes, ou concevoir un véritable centre aquatique capable d’absorber les besoins scolaires, sportifs, familiaux et associatifs pendant plusieurs décennies. À Gentilly, l’arbitrage entre un bassin de 25 mètres et un bassin de 50 mètres reste notamment à rendre.

Janvier 2022

fermeture de Gentilly après des fragilités du bâtiment

30 M€

enveloppe annoncée pour la reconstruction

2030

horizon de livraison annoncé

5 m

profondeur prévue pour la fosse de plongée

Gentilly : une reconstruction complète, pas une simple remise à niveau

Le projet annoncé prévoit une reconstruction totale de la piscine Alfred-Nakache sur son implantation actuelle. Cette nuance est importante : réparer un équipement existant vise à prolonger sa durée de service ; reconstruire permet de revoir l’organisation des espaces, les installations techniques, l’accessibilité et les usages. Cela implique aussi un calendrier plus long, car il faut successivement programmer le site, mener les études, lancer les marchés, démolir puis bâtir et mettre en route les installations.

La municipalité a présenté l’ambition d’une piscine adaptée au XXIe siècle, avec des espaces pour les familles, des équipements aqualudiques intérieurs et extérieurs, ainsi qu’une fosse de plongée de cinq mètres destinée aux clubs sportifs. Ces intentions dessinent un équipement polyvalent, très différent d’un bassin conçu exclusivement pour les longueurs ou les compétitions.

Ce qui est annoncé, et ce qui reste à décider

La reconstruction sur le site de Gentilly, l’horizon 2030, l’enveloppe de 30 millions d’euros, des espaces familiaux et une fosse de plongée figurent dans le projet présenté. En revanche, le choix d’un bassin de 25 ou de 50 mètres n’était pas tranché au moment de cette annonce : il conditionnera une large part du programme et du coût d’exploitation.

Le choix décisif : un bassin de 25 mètres ou de 50 mètres ?

La longueur du bassin est un choix de service public, pas seulement un sujet sportif. Un bassin de 25 mètres répond efficacement à l’apprentissage de la nage, à la natation scolaire, aux créneaux associatifs, aux activités de forme et à la pratique régulière. Un bassin de 50 mètres offre une capacité et une image sportive différentes, mais suppose une emprise, des volumes d’eau, une couverture et une organisation plus exigeants.

Dans les deux cas, la qualité de conception compte autant que la longueur : nombre de lignes d’eau réellement disponibles, séparation des publics, profondeur adaptée, vestiaires, cheminement des scolaires, espaces de rangement et horaires alloués aux clubs déterminent l’usage réel de l’équipement. Un bassin de 50 mètres n’organise pas, à lui seul, des compétitions de haut niveau : celles-ci dépendent également des homologations et des prescriptions de la fédération concernée.

25 ou 50 mètres : les conséquences pratiques pour une piscine publique
CritèreBassin de 25 mBassin de 50 m
Usages prioritairesApprentissage, loisirs, clubs locaux, entraînement et activités encadrées.Pratique sportive à forte capacité, compétitions selon l’équipement associé, grands créneaux d’entraînement.
Occupation de l’espacePlus compacte, ce qui laisse davantage de possibilités pour d’autres bassins ou services.Emprise importante, à concilier avec les espaces ludiques, les gradins éventuels et les locaux techniques.
Fonctionnement quotidienGestion souvent plus simple, à condition de bien répartir les créneaux entre écoles, public et associations.Capacité d’eau et de surface plus élevée, qui demande une programmation et une exploitation rigoureuses.
Point de vigilanceLe risque est de saturer rapidement les lignes d’eau si les besoins scolaires et associatifs sont élevés.Le risque est de dimensionner un équipement trop lourd si la fréquentation et les usages ne le justifient pas durablement.

Une piscine pour les clubs, les écoles et les familles

Une piscine publique est un équipement à horaires partagés. En journée, les écoles ont besoin de créneaux réguliers pour l’apprentissage de la nage ; les clubs recherchent des lignes d’eau stables le soir et le week-end ; le grand public attend des horaires accessibles ; les familles privilégient une eau peu profonde, un espace identifié et des vestiaires pratiques. Ajouter des équipements aqualudiques ne doit donc pas se faire au détriment de la capacité de nage.

La fosse de plongée de cinq mètres évoquée pour Gentilly peut répondre à une demande des clubs et diversifier l’offre sportive. Sa présence exige toutefois une surveillance adaptée, des protocoles d’utilisation précis et une séparation claire avec les espaces destinés aux baigneurs non initiés. La profondeur est une caractéristique technique qui engage directement l’organisation du personnel, le traitement de l’eau et les coûts de fonctionnement.

Ce qu’apporte un équipement polyvalent

  • Une meilleure répartition des publics, grâce à des espaces conçus pour des pratiques différentes.
  • Des activités possibles toute l’année, de la natation scolaire à la pratique associative et familiale.
  • Une offre plus inclusive si les accès, les vestiaires et les cheminements sont pensés dès l’esquisse.

Ce que cette polyvalence exige

  • Des locaux techniques, des vestiaires et des circulations dimensionnés pour les pics de fréquentation.
  • Une programmation des créneaux transparente pour éviter que certains usages ne soient écartés.
  • Des coûts d’exploitation à anticiper, notamment pour chauffer, ventiler, traiter l’eau et assurer la surveillance.

Ce que recouvre réellement une enveloppe de 30 millions d’euros

Le montant de 30 millions d’euros annoncé pour Gentilly ne se résume pas à la construction des bassins. Dans un projet aquatique, le budget couvre généralement la démolition éventuelle, le clos et couvert du bâtiment, les bassins et leurs étanchéités, les réseaux hydrauliques, la filtration, la ventilation, le chauffage, les vestiaires, l’accessibilité, les abords et les études. Le niveau d’ambition architecturale, la surface totale, les exigences énergétiques et la présence d’espaces spécialisés font fortement varier la facture.

La comparaison entre deux projets n’a donc de sens qu’à programme égal. Rapporter un coût au seul nombre de mètres carrés ou au volume d’eau peut masquer des écarts déterminants : traitement d’air plus performant, réemploi d’énergie, gradins, espaces extérieurs, fosse profonde, contraintes du terrain ou maintien d’activités à proximité.

Les postes qui structurent le budget d’une piscine neuve ou reconstruite
PostePourquoi il pèse dans le projetQuestion à poser
Bâtiment et structureLes ambiances humides et chaudes imposent des matériaux et une protection durable contre la corrosion.Comment la durabilité des structures et des façades est-elle garantie ?
Traitement d’eauFiltration, renouvellement et désinfection conditionnent la qualité sanitaire et la disponibilité des bassins.Quels dispositifs limitent les consommations d’eau et facilitent la maintenance ?
Ventilation et chauffageIls représentent un enjeu majeur de confort, de condensation et de dépense énergétique.Comment les besoins de chauffage et de déshumidification sont-ils réduits ?
Accueil et vestiairesIls conditionnent les flux, la propreté, l’accessibilité et le temps passé par les usagers.Les scolaires, les familles et les personnes à mobilité réduite disposent-ils de parcours adaptés ?
Espaces extérieursPlages, aires ludiques et équipements de saison nécessitent sécurité, drainage et surveillance.Quels espaces seront accessibles en été et dans quelles conditions ?

Un budget d’investissement ne dit pas tout

Le coût de construction est une donnée essentielle, mais la collectivité doit aussi arbitrer les dépenses récurrentes : énergie, eau, produits de traitement, maintenance, renouvellement des équipements et personnel. Un choix technique moins coûteux à la livraison peut se révéler plus cher sur la durée s’il complique l’exploitation.

De la programmation à l’ouverture : les étapes qui sécurisent un projet

Le calendrier affiché à l’horizon 2030 laisse entrevoir une opération longue. C’est habituel pour une reconstruction d’équipement aquatique : les décisions prises au stade des études déterminent la qualité d’usage pour plusieurs décennies. Le texte initial évoquait le recours à un bureau d’études, avant les phases de démolition et de reconstruction.

  1. Établir le diagnostic des besoins. La collectivité doit chiffrer les besoins des écoles, des clubs, du public, des personnes éloignées de la pratique et des habitants des communes voisines, plutôt que de partir d’un dessin de bassin.
  2. Fixer le programme fonctionnel. Longueur des bassins, profondeurs, espaces ludiques, fosse, vestiaires, gradins éventuels et espaces extérieurs doivent être hiérarchisés selon leur utilité et leur coût d’exploitation.
  3. Réaliser les études et consulter. Les études techniques, architecturales, énergétiques et de sol servent à fiabiliser le budget et le calendrier avant l’attribution des marchés.
  4. Préparer la période sans équipement. Les usagers doivent savoir vers quels autres bassins se tourner, notamment pour les cours scolaires, l’apprentissage de la nage et les entraînements associatifs.
  5. Construire, tester et mettre en service. Avant l’accueil du public, les installations hydrauliques, de traitement d’eau, de ventilation, de sécurité et les procédures d’exploitation doivent être éprouvées.

Qualité de l’eau, accessibilité et sécurité : les exigences invisibles

Dans une piscine publique, la qualité de l’eau ne repose pas sur un simple geste quotidien. Elle dépend d’une chaîne complète : filtration continue, désinfection, régulation du pH, renouvellement d’eau, nettoyage des plages, contrôles et tenue des procédures d’exploitation. L’équilibre de l’eau influence à la fois l’efficacité du désinfectant, le confort des baigneurs et la préservation des équipements.

À titre de repère, un pH proche de 7,0 à 7,4 est couramment recherché pour une eau de piscine équilibrée, mais une collectivité doit respecter les prescriptions sanitaires applicables aux piscines ouvertes au public et les contrôles des autorités compétentes. La conception doit aussi faciliter la surveillance des bassins : vues dégagées depuis les postes des maîtres-nageurs, accès immédiat aux secours, zones de profondeur lisibles et règles compréhensibles par tous.

La sécurité se conçoit avant l’ouverture

Une piscine publique doit intégrer dès les plans les exigences d’hygiène, d’accessibilité et de sécurité des usagers comme des agents. Les vestiaires, les circulations pieds nus, les évacuations d’eau, les accès aux bassins et les zones de surveillance ne sont pas des détails d’aménagement : ils conditionnent l’exploitation quotidienne.

Un plan plus large pour les piscines du Grand Nancy

Le projet de Gentilly s’inscrit, selon les éléments présentés, dans un programme plus vaste de rénovation du parc aquatique de la métropole du Grand Nancy. Une enveloppe de 13 millions d’euros sur douze ans était annoncée pour les autres piscines, avec une mise à niveau prévue à Vandœuvre et des améliorations évoquées pour Laxou et Laneuveville.

Cette approche à l’échelle du territoire est déterminante. La fermeture ou la transformation d’un bassin modifie immédiatement les trajets, les créneaux scolaires et l’activité des clubs voisins. Pour les habitants, le principal indicateur sera donc moins la seule image du futur bâtiment que la continuité effective de l’accès à la natation pendant les travaux, puis la lisibilité des horaires et des usages à l’ouverture.

Ce que les usagers peuvent suivre

Lorsqu’un projet avance, les documents les plus utiles sont le programme des bassins retenus, le phasage du chantier, les solutions prévues pour les scolaires et les clubs, puis les futurs horaires d’ouverture. Ils permettent de vérifier que l’équipement répondra réellement aux besoins du territoire, au-delà de l’annonce architecturale.

Questions fréquentes

Quand la piscine de Gentilly à Nancy doit-elle rouvrir ?

Le projet présenté en 2024 évoquait une reconstruction complète sur le site actuel, avec un horizon de mise en service fixé à 2030. Cette échéance reste liée aux études, aux procédures de marché, à la démolition et au chantier. Il est donc préférable de suivre les informations publiées par la Ville de Nancy et la métropole pour connaître les étapes effectivement engagées.

La future piscine de Gentilly aura-t-elle un bassin de 50 mètres ?

Le choix n’était pas arrêté dans les éléments du projet présentés en 2024. Deux options étaient alors envisagées : un bassin de 25 mètres ou un bassin de 50 mètres. Cette décision est structurante, car elle influe sur la surface du bâtiment, la capacité d’accueil des nageurs, les possibilités sportives et les besoins d’exploitation au quotidien.

Quels équipements sont prévus dans la nouvelle piscine Alfred-Nakache ?

Le programme annoncé mentionne des espaces dédiés aux familles, des équipements aqualudiques en intérieur et en extérieur, ainsi qu’une fosse de plongée de cinq mètres destinée aux clubs sportifs. La reconstruction doit se faire sur le même site. La composition définitive des bassins, notamment leur longueur, dépendra toutefois des arbitrages encore à venir.

Pourquoi reconstruire une piscine municipale coûte-t-il si cher ?

Le budget ne finance pas seulement les bassins visibles. Une piscine exige une structure résistante à l’humidité, des installations de filtration et de traitement d’eau, une ventilation très performante, du chauffage, des vestiaires, des dispositifs d’accessibilité et des équipements de sécurité. La démolition, les études, les contraintes du terrain et les aménagements extérieurs s’ajoutent également au coût global.

Que prévoit le Grand Nancy pour les autres piscines du territoire ?

Dans le cadre présenté autour de Gentilly, la métropole du Grand Nancy annonçait un programme de rénovation sur douze ans, doté de 13 millions d’euros, pour ses autres piscines. Une mise à niveau était notamment envisagée à Vandœuvre, tandis que Laxou et Laneuveville devaient aussi bénéficier d’améliorations. Les calendriers et programmes détaillés sont à confirmer par la collectivité.

La rédaction de Piscine.fm

Journalistes et spécialistes de l'univers de la piscine, nous vérifions chaque chiffre, chaque norme et chaque protocole avant publication.