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Trois piscines pour le Pays royannais : les enjeux du projet 2028

La Communauté d’agglomération Royan Atlantique envisage trois nouveaux équipements aquatiques à Royan, Cozes et Étaules, avec une ouverture annoncée pour 2028. Au-delà des bassins, le dossier pose une question décisive : comment concilier accès à la natation, investissement public et coûts d’exploitation durables ?

Intérieur lumineux d’un centre aquatique public avec bassin de nage, lignes d’eau et grandes baies vitrées
Intérieur lumineux d’un centre aquatique public avec bassin de nage, lignes d’eau et grandes baies vitrées — Illustration générée par IA pour Piscine.fm

L’essentiel

  • Trois équipements sont annoncés à Royan, Cozes et Étaules, avec un horizon d’ouverture fixé à 2028 sous réserve des études, marchés et chantiers.
  • Le coût de construction communiqué atteint 47 M€, dont 25 M€ apportés par la CARA selon l’annonce ; le financement restant devra être sécurisé.
  • Le fonctionnement annuel des trois piscines est évalué à environ 4,2 M€, un coût durable qui inclut personnels, énergie, traitement de l’eau et maintenance.
  • Royan accueillerait un bassin de 50 m à six couloirs modulable en 25 m ; Cozes aurait quatre couloirs de 25 m et Étaules une piscine sur pilotis.
  • La réussite dépendra des créneaux scolaires, de la nage libre, de l’accessibilité et d’une conception limitant les dépenses énergétiques sans rogner la sécurité.

Un projet de trois piscines annoncé pour 2028

Le Pays royannais pourrait disposer de trois nouvelles piscines à Royan, Cozes et Étaules à l’horizon 2028. Selon l’annonce attribuée à Vincent Barraud, président de la Communauté d’agglomération Royan Atlantique (CARA), l’objectif est de renouveler et d’étendre l’offre aquatique du territoire, avec des équipements conçus pour les familles, l’apprentissage de la natation, les pratiques sportives et, pour Royan, le bien-être.

Le projet représente une enveloppe de construction annoncée à 47 millions d’euros. La CARA apporterait 25 millions d’euros, le solde devant reposer, d’après les éléments communiqués, sur des participations d’autres collectivités et des investissements privés. Le coût de fonctionnement annuel des trois équipements est évalué à environ 4,2 millions d’euros.

Ces données donnent la mesure du dossier : une piscine publique n’est pas seulement un bâtiment avec un bassin. C’est un service qui doit rester accessible, accueillir les scolaires et les clubs, garantir la qualité sanitaire de l’eau, employer des équipes qualifiées et absorber durablement les dépenses d’énergie, de maintenance et de surveillance.

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sites annoncés : Royan, Cozes et Étaules

2028

horizon d’ouverture communiqué

47 M€

coût total de construction annoncé

4,2 M€

fonctionnement annuel estimé

Une échéance, pas encore un équipement ouvert

Une ouverture annoncée pour 2028 suppose que les études, autorisations, marchés de travaux, financements et chantiers suivent le calendrier prévu. Pour un équipement public, la date d’ouverture reste conditionnée à ces étapes et à la réception effective des installations.

Royan, Cozes, Étaules : des équipements aux rôles distincts

Les trois sites ne répondraient pas exactement au même usage. La complémentarité est un point central dans un réseau aquatique : un bassin de 50 mètres permet davantage de créneaux simultanés pour les scolaires, les clubs et le public, tandis que des piscines de proximité de 25 mètres réduisent les distances à parcourir et facilitent une pratique régulière.

Ce qui est annoncé pour les trois futures piscines du Pays royannais
CommuneProgramme annoncéEnjeu de service public
RoyanSix couloirs de 50 mètres, avec une configuration possible en 25 mètres, et des espaces de bien-être.Réunir natation sportive, apprentissage, séances publiques et activités encadrées sur un même site.
CozesQuatre couloirs de 25 mètres.Proposer un équipement de proximité adapté aux usages scolaires, associatifs et familiaux.
ÉtaulesUne piscine annoncée sur pilotis.Faire dépendre le projet architectural des contraintes précises du terrain et de son insertion paysagère.

Le bassin de 50 mètres ne remplace pas les piscines de proximité

Un grand bassin est particulièrement pertinent pour les compétitions, l’entraînement des nageurs, les longues lignes d’eau et la multiplication des groupes accueillis au même moment. Il est aussi plus exigeant à construire et à exploiter : plus de volume d’eau, une halle plus grande, davantage de surface à chauffer et une organisation des flux plus complexe.

Un bassin de 25 mètres, de dimensions plus courantes, reste le format le plus polyvalent pour un territoire. Il permet les cours de natation, les créneaux scolaires, l’aquagym, la nage libre et les activités des associations. Son intérêt dépend toutefois de ses horaires, de la température de l’eau, de l’accessibilité et de la disponibilité réelle des lignes d’eau.

Ce qu’apporte un réseau à plusieurs sites

  • Des temps de trajet potentiellement plus courts pour les écoles, familles et seniors.
  • Une répartition des usages entre sport, apprentissage, loisirs et activités encadrées.
  • Une continuité de service plus facile à organiser lorsqu’un site est en entretien programmé.

Ce que cela coûte à organiser

  • Trois bâtiments impliquent trois sites techniques, des équipes et des opérations de maintenance à coordonner.
  • Les dépenses d’énergie, de traitement de l’eau et de renouvellement des équipements se répètent sur chaque implantation.
  • La lisibilité des horaires et des réservations devient essentielle pour éviter des bassins sous-utilisés ou saturés.

47 millions d’euros à construire : le fonctionnement pèsera tout autant

Le montant de 47 millions d’euros annoncé concerne la réalisation des piscines. Or le débat public ne peut pas s’arrêter au coût du chantier. Pendant toute leur durée de vie, les centres aquatiques doivent financer les salaires, les maîtres-nageurs sauveteurs, l’accueil, le nettoyage, l’eau, l’électricité, le chauffage, les produits de traitement, les contrôles réglementaires et le renouvellement des matériels.

L’estimation de 4,2 millions d’euros par an doit donc être lue comme un indicateur de l’engagement récurrent demandé à la collectivité. Les recettes de billetterie, des abonnements, des créneaux loués ou des activités encadrées contribuent au budget, mais ne couvrent généralement pas à elles seules le coût complet d’un équipement public. Le niveau de fréquentation et la programmation quotidienne sont déterminants.

Le coût réel se mesure sur plusieurs décennies

Pour une piscine publique, l’investissement initial doit être complété par un plan de gros entretien : filtration, pompes, déshumidification, étanchéité des bassins, carrelage, menuiseries et systèmes de chauffage auront tous besoin d’être entretenus puis remplacés. Réserver ces dépenses dès le départ évite de reporter la charge sur les générations suivantes.

Les leviers qui rendent une piscine moins énergivore

La performance se joue dès la conception, sans jamais sacrifier la qualité de l’air intérieur ni le confort des baigneurs. Une enveloppe thermique soignée, une déshumidification avec récupération d’énergie, une couverture thermique des bassins hors ouverture, des pompes à vitesse variable et un pilotage adapté de la ventilation peuvent limiter les consommations. Les choix de température comptent aussi : quelques degrés supplémentaires pour une activité de bien-être ne produisent pas le même besoin énergétique qu’un bassin dédié à la nage sportive.

Pour Étaules, le parti architectural sur pilotis annoncé devra être évalué au regard des études de sol, de la gestion de l’humidité, de l’entretien des structures et de l’intégration dans le site. L’architecture peut répondre à une contrainte paysagère ou technique ; elle ne dispense pas d’une démonstration solide sur les coûts d’usage et de maintenance.

De l’annonce à l’ouverture : les étapes qui conditionnent 2028

Une piscine municipale ou intercommunale se prépare bien avant le premier coup de pelle. Les étapes se succèdent parfois en partie, mais aucune ne doit être traitée comme une formalité. Le calendrier d’ouverture dépend notamment des procédures d’urbanisme, des études environnementales nécessaires selon les sites, de la consultation des entreprises et de la capacité à maîtriser les aléas de chantier.

  1. Préciser les besoins du territoire. Les élus et services doivent dimensionner les bassins, vestiaires, gradins éventuels, espaces de remise en forme et créneaux selon la population, les écoles, les clubs et la fréquentation attendue.
  2. Arrêter un programme techniquement exploitable. Le projet doit anticiper les circuits propres et sales, l’accessibilité, les locaux de traitement, la ventilation, le stockage, les évacuations et le travail quotidien des équipes.
  3. Sécuriser les études et les autorisations. Études de sol, insertion paysagère, eau, biodiversité, permis et autres procédures applicables doivent être conduits avant le démarrage effectif.
  4. Attribuer les marchés et construire. Les délais dépendent des lots techniques, particulièrement nombreux dans un centre aquatique : bassin, étanchéité, traitement d’eau, chauffage, ventilation et automatismes.
  5. Mettre en service avant d’accueillir le public. Les installations doivent être testées, les équipes recrutées et formées, les procédures de secours établies et l’eau équilibrée avant l’ouverture.

L’enjeu prioritaire : donner du temps d’eau à l’apprentissage de la nage

La valeur d’une piscine publique se juge aussi à son planning. Un équipement peut être architecturalement réussi et rester peu utile si les écoles ne disposent pas de créneaux, si les familles ne trouvent qu’une ouverture réduite ou si les nageurs ne peuvent jamais accéder à une ligne d’eau libre.

Pour les enfants, l’accès régulier à un bassin encadré est un levier concret de prévention. L’apprentissage suppose des séances répétées, une progression par groupes de niveau, du matériel pédagogique et des maîtres-nageurs disponibles. Les trajets des classes, la profondeur des bassins, les vestiaires collectifs et les créneaux réservés font donc partie intégrante du projet, au même titre que les dimensions du bassin.

Le futur réseau devra également arbitrer entre des attentes légitimes mais concurrentes : séances scolaires en journée, clubs en fin d’après-midi, activités aquatiques encadrées, nage sportive, baignade familiale et accueil des personnes à mobilité réduite. Publier les plannings de façon lisible, avec le nombre de lignes réellement disponibles au public, sera un signal de qualité de service bien plus parlant qu’une simple promesse d’ouverture.

Le bon indicateur pour les usagers

Au moment de l’ouverture, regarder uniquement le prix d’entrée ne suffit pas. Il faut comparer les amplitudes horaires, les créneaux réservés aux écoles et clubs, les lignes disponibles en nage libre, l’accessibilité en transports et les fermetures techniques prévues.

Qualité de l’eau, air intérieur et surveillance : les exigences non négociables

Un centre aquatique doit concilier une eau saine, un air intérieur respirable et une surveillance adaptée. Le traitement repose sur une filtration dimensionnée pour le volume et la fréquentation, une désinfection, une régulation du pH et des contrôles réguliers. Dans une piscine ouverte au public, ces paramètres ne relèvent pas du confort : ils répondent aux règles sanitaires applicables aux bassins collectifs.

L’arrêté du 7 avril 1981 modifié encadre notamment les dispositions techniques et sanitaires applicables aux piscines et baignades aménagées ouvertes au public. La qualité de l’eau est suivie par l’exploitant et contrôlée dans le cadre sanitaire. Les usagers ont aussi leur rôle : douche savonnée avant le bain, passage aux toilettes pour les jeunes enfants et respect des consignes limitent l’apport de matières organiques qui dégrade l’eau et accroît les besoins de traitement.

La surveillance ne se résume pas à la présence visible d’un bassin. Dans les établissements à entrée payante, elle doit être assurée pendant les heures d’ouverture par des professionnels qualifiés. Organisation des secours, matériel, affichage, contrôle des accès et formation des équipes doivent être pensés dès la conception des lieux, y compris dans les espaces de bien-être annoncés à Royan.

Un bassin public n’est jamais un espace sans règles

La baignade d’un enfant reste sous la responsabilité de l’adulte qui l’accompagne, même dans un établissement surveillé. Les maîtres-nageurs assurent la surveillance et les interventions ; ils ne remplacent pas la vigilance familiale, notamment dans les zones ludiques et les vestiaires.

Ce que les habitants pourront suivre avant l’ouverture

Pour apprécier la solidité du projet, les habitants du Pays royannais peuvent suivre quelques éléments concrets plutôt que de se limiter à la date annoncée. Le premier est la confirmation du financement global et de la part restant à couvrir après la contribution annoncée de la CARA. Le deuxième concerne le coût annuel d’exploitation : il doit être assorti d’hypothèses de fréquentation, d’organisation des personnels et de consommation énergétique.

Il faudra aussi observer le programme définitif : nombre de bassins et de lignes d’eau, accessibilité, profondeur, espaces réservés aux apprentissages, calendrier scolaire, horaires grand public et politique tarifaire lorsqu’elle sera arrêtée. Enfin, les réponses apportées aux enjeux d’insertion paysagère et de biodiversité, soulevés dans les discussions locales autour des sites, permettront de juger la capacité du projet à associer équipement de proximité et respect de son environnement.

Si les ouvertures interviennent bien en 2028, la réussite ne se mesurera pas le jour de l’inauguration. Elle se vérifiera, année après année, dans la disponibilité des créneaux, la qualité de l’accueil, l’apprentissage effectif de la nage et la maîtrise d’un budget de fonctionnement appelé à durer.

Questions fréquentes

Quand les nouvelles piscines du Pays royannais doivent-elles ouvrir ?

L’ouverture des trois équipements de Royan, Cozes et Étaules est annoncée pour 2028. Cette échéance dépend toutefois de plusieurs conditions : finalisation des études, autorisations applicables, sécurisation du financement, attribution des marchés et bon déroulement des travaux. Pour un centre aquatique, les essais techniques et la préparation des équipes précèdent également l’accueil du public.

Combien coûtent les futures piscines de Royan, Cozes et Étaules ?

Le coût de construction communiqué pour l’ensemble du projet est de 47 millions d’euros. Selon les éléments annoncés, la Communauté d’agglomération Royan Atlantique apporterait 25 millions d’euros, le reste reposant sur d’autres contributions publiques et des investissements privés. À cela s’ajoute une estimation de fonctionnement annuelle d’environ 4,2 millions d’euros pour les trois sites.

Quelle sera la différence entre la piscine de Royan et celle de Cozes ?

Le projet de Royan prévoit un bassin de 50 mètres à six couloirs, pouvant être configuré en 25 mètres, ainsi que des espaces de bien-être. Celui de Cozes comprendrait quatre couloirs de 25 mètres. Le premier format peut répondre à des usages sportifs et à plusieurs groupes simultanés ; le second vise davantage la proximité et la polyvalence quotidienne.

Pourquoi une piscine publique coûte-t-elle cher à faire fonctionner ?

Les dépenses ne se limitent pas à l’eau et au chauffage. Une piscine publique finance aussi les maîtres-nageurs, l’accueil, le nettoyage, le traitement et l’analyse de l’eau, la ventilation et la déshumidification, les contrôles sanitaires, l’entretien des pompes et filtres, ainsi que le renouvellement des équipements. La fréquentation et les horaires d’ouverture influencent directement l’équilibre du service.

Une piscine sur pilotis est-elle plus écologique ?

Pas automatiquement. Une construction sur pilotis peut répondre à des contraintes de terrain, d’écoulement de l’eau ou d’intégration paysagère, mais son bilan dépend des fondations, des matériaux, des transports, de l’isolation, du chauffage et de l’entretien futur. Pour le site d’Étaules, les études techniques et environnementales devront préciser les effets réels du choix architectural annoncé.

La rédaction de Piscine.fm

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