Piscines publiques & Territoires
Piscine de Forges-les-Eaux : reconstruire sans fragiliser la ville
Fermée depuis décembre 2022, la piscine de Forges-les-Eaux pourrait laisser place à un nouvel équipement. Avec un projet évalué à 12 millions d’euros, la ville doit réunir les subventions, maîtriser le coût d’exploitation et définir un bassin utile à long terme.
L’essentiel
- Fermée depuis décembre 2022, la piscine Hugues Duboscq pourrait être remplacée par un nouvel équipement à Forges-les-Eaux.
- L’opération est évaluée à environ 12 millions d’euros, démolition de l’ancien site comprise ; la ville évoque 3,5 millions d’euros de subventions nécessaires.
- Un début de chantier en 2026 reste conditionné au bouclage du financement, aux aides obtenues et à la préparation des marchés de travaux.
- Pour une piscine municipale, le coût global compte autant que le chantier : énergie, personnel, maintenance et renouvellement pèsent durablement.
- Le programme doit prioriser natation scolaire, apprentissage, accessibilité et créneaux associatifs avant les équipements optionnels coûteux.
À Forges-les-Eaux, un équipement fermé et un projet à rendre soutenable
La piscine Hugues Duboscq de Forges-les-Eaux est fermée depuis décembre 2022. La municipalité envisage sa démolition et la construction d’un nouvel équipement aquatique. Lors d’un conseil municipal, la maire Christine Lesueur a évoqué la possibilité d’un début de chantier en 2026, sous réserve que les financements nécessaires soient réunis.
Le montant annoncé pour l’opération est de l’ordre de 12 millions d’euros, démolition comprise. La ville a indiqué avoir besoin d’environ 3,5 millions d’euros de subventions. Ce sont des ordres de grandeur qui situent immédiatement l’enjeu : une piscine publique n’est pas seulement un bâtiment à construire, mais un service à financer et à exploiter pendant plusieurs décennies.
Pour les habitants, la fermeture signifie aussi la perte d’un lieu d’apprentissage, de pratique sportive et de loisirs de proximité. Lorsqu’un bassin disparaît, les familles, les scolaires, les clubs et les nageurs doivent se reporter sur les équipements voisins, avec des trajets supplémentaires et des créneaux souvent plus difficiles à obtenir. La décision ne se résume donc pas à choisir entre une piscine ou aucune piscine : elle consiste à déterminer quel équipement peut répondre aux besoins locaux sans compromettre les autres investissements de la commune.
12 M€
coût prévisionnel annoncé pour l’opération
3,5 M€
besoin de subventions évoqué par la ville
Déc. 2022
fermeture de la piscine Hugues Duboscq
2026
début de chantier envisagé, sous conditions
Ce que recouvre réellement un budget de 12 millions d’euros
Le coût d’un centre aquatique ne correspond pas au seul prix des bassins. Dans le cas de Forges-les-Eaux, l’enveloppe annoncée inclut la démolition de l’ancienne piscine. À cela s’ajoutent habituellement les études techniques, les travaux de structure, l’étanchéité des bassins, le traitement de l’eau, le chauffage, la ventilation, les vestiaires, l’accessibilité, les réseaux extérieurs et les aménagements du site.
Les zones humides sont parmi les bâtiments publics les plus techniques. L’eau chaude s’évapore en continu ; sans déshumidification performante, récupération de chaleur et enveloppe du bâtiment bien conçue, l’humidité dégrade vite les matériaux et les dépenses énergétiques s’envolent. Le projet doit donc être évalué sur son coût global : investissement initial, consommation, entretien, renouvellement des équipements et masse salariale.
| Élément | Repère | Ce qu’il faut encore sécuriser |
|---|---|---|
| Ancien équipement | Piscine Hugues Duboscq fermée depuis décembre 2022 | Les conditions techniques et financières de sa démolition |
| Nouvelle opération | Environ 12 millions d’euros annoncés, démolition comprise | Le programme définitif, les études et l’actualisation des prix |
| Aides attendues | Environ 3,5 millions d’euros de subventions recherchés | Les décisions des financeurs et le calendrier de versement |
| Chantier | Un démarrage en 2026 est envisagé | Le bouclage financier, les autorisations et les marchés de travaux |
Le chiffre à ne pas isoler
Un montant de travaux ne dit pas si un projet est abordable. Avant de voter l’investissement, une collectivité doit chiffrer l’exploitation annuelle, les gros entretiens futurs et la capacité de remboursement des emprunts. Une aide à la construction réduit le besoin initial, mais ne couvre pas durablement les charges de personnel, d’énergie et de maintenance.
Subventions, emprunt, autofinancement : trouver le bon équilibre
La ville envisage un montage associant autofinancement et emprunt. C’est une approche courante pour un équipement public de cette ampleur : mobiliser une part de ressources propres permet de limiter la dette, tandis que l’emprunt évite de vider complètement les capacités d’investissement de la commune.
Les subventions peuvent faire basculer l’équilibre de l’opération. L’État, les collectivités territoriales et, selon les dispositifs ouverts et l’éligibilité du projet, d’autres partenaires publics peuvent soutenir la modernisation d’un équipement. Mais ces concours ne sont ni automatiques ni acquis avant notification. Ils dépendent notamment des budgets disponibles, des critères des appels à projets, de la qualité du dossier et de la part de financement que la collectivité peut assumer.
Dans le cas de Forges-les-Eaux, l’enjeu est donc moins de désigner un financeur unique que de rendre le dossier suffisamment solide pour convaincre plusieurs partenaires. Cela suppose un programme cohérent, un calendrier réaliste, des coûts actualisés et une démonstration claire de l’utilité territoriale : accueil des écoles, apprentissage de la nage, pratique associative, activités pour les habitants et complémentarité avec l’offre des communes voisines.
Un montage mixte bien calibré
- Les subventions réduisent le montant à emprunter et les intérêts futurs.
- L’autofinancement manifeste l’engagement de la collectivité sans faire reposer tout le projet sur la dette.
- L’emprunt peut étaler une dépense utile sur la durée de vie de l’équipement.
- Un plan pluriannuel préserve des moyens pour les autres services municipaux.
Les risques à anticiper
- Une subvention attendue mais non attribuée peut décaler ou redimensionner l’opération.
- Des études incomplètes exposent à des surcoûts en cours de chantier.
- Une dette trop lourde réduit les marges de manœuvre pour les années suivantes.
- Un bâtiment surdimensionné peut coûter durablement plus cher à chauffer et à exploiter.
Le programme du futur bassin compte autant que son architecture
La bonne question n’est pas nécessairement « quelle piscine serait la plus attractive ? », mais « quels usages doivent être garantis chaque semaine ? ». Pour une commune, les besoins prioritaires sont souvent les créneaux scolaires, l’apprentissage de la natation, les nageurs réguliers, les associations, les activités encadrées et l’accueil des publics ayant besoin d’un bassin accessible.
Un équipement peut aussi inclure une zone ludique, des jeux d’eau ou des espaces de bien-être. Ces prestations peuvent élargir la fréquentation et renforcer l’attractivité locale. Elles augmentent toutefois la surface à construire, les installations techniques, les besoins de surveillance et les dépenses d’exploitation. Chaque option doit donc être évaluée non seulement selon son coût de pose, mais aussi selon son coût annuel et sa fréquence réelle d’utilisation.
Prévoir les usages avant de figer les plans
Le programme fonctionnel doit notamment préciser le nombre de groupes scolaires à accueillir, les horaires dédiés au public, les besoins des clubs, la profondeur des bassins, les conditions d’accessibilité et les espaces indispensables aux équipes. Cette étape protège la collectivité contre deux erreurs opposées : construire trop petit et devoir refuser les usages essentiels, ou construire trop grand avec des espaces coûteux et peu fréquentés.
Une piscine ouverte au public relève des règles applicables aux établissements recevant du public. Les travaux doivent intégrer les exigences d’accessibilité et de sécurité incendie, ainsi que les contraintes sanitaires liées à la qualité de l’eau et de l’air. Ces obligations doivent être prises en compte dès les études, pas ajoutées en fin de projet.
Ne pas confondre piscine publique et piscine privée
Les dispositifs de sécurité normalisés NF P90-306 à 309 concernent les piscines privées enterrées non closes à usage individuel ou collectif. Une piscine municipale répond à un cadre différent : règles des établissements recevant du public, surveillance organisée, obligations sanitaires et contrôles adaptés à l’accueil du public.
Réduire les charges d’exploitation dès la conception
Le coût annuel d’une piscine publique dépend fortement des effectifs, des horaires d’ouverture, du prix de l’énergie, du traitement de l’eau, de l’entretien et des réparations. La conception peut toutefois limiter les dépenses sans dégrader le service. Les priorités sont une isolation performante, une ventilation adaptée aux volumes humides, une déshumidification avec récupération de chaleur, une couverture thermique des bassins hors exploitation et un pilotage fin des températures.
Les équipements techniques doivent rester accessibles pour l’entretien. Un local exigu ou mal organisé peut compliquer chaque intervention et rallonger les arrêts. Le choix des matériaux est également déterminant : dans une atmosphère chlorée, la corrosion et la condensation imposent des produits compatibles, une pose rigoureuse et une maintenance suivie.
Enfin, un bassin sobre n’est pas un bassin sous-chauffé ou mal ventilé. La performance se construit par la cohérence entre l’enveloppe du bâtiment, les installations de traitement d’air, les circuits hydrauliques, les couvertures et les consignes d’exploitation. Faire l’impasse sur les études thermiques et aérauliques au départ peut coûter beaucoup plus cher pendant toute la vie de l’équipement.
Associer les habitants pour arbitrer sur des besoins concrets
La concertation ne remplace pas les arbitrages budgétaires, mais elle peut améliorer fortement le projet. Dans une ville privée de piscine depuis plusieurs années, les habitants connaissent les conséquences pratiques de la fermeture : déplacements, difficultés de réservation, manque de créneaux pour les enfants ou absence d’activités aquatiques adaptées. Leur retour aide à hiérarchiser les besoins plutôt qu’à juxtaposer des souhaits.
Une démarche utile doit distinguer les usages réguliers des envies ponctuelles. Les écoles, associations, professionnels de santé, personnes âgées, familles et nageurs peuvent être consultés sur les plages horaires, l’accessibilité, les activités attendues et les obstacles rencontrés depuis la fermeture. Les résultats doivent ensuite être traduits en choix compréhensibles : quel bassin, quels créneaux, quelle amplitude d’ouverture, quel niveau de dépense supportable.
- Établir un diagnostic de service. Recenser les publics, les créneaux nécessaires et les trajets imposés par l’absence de bassin local.
- Comparer des scénarios réalistes. Mettre face à face plusieurs niveaux de programme, en intégrant pour chacun l’investissement et les charges d’exploitation.
- Présenter les contraintes sans les masquer. Expliquer la part attendue des subventions, le recours possible à l’emprunt et les conséquences d’un report.
- Prioriser les usages essentiels. Garantir d’abord la natation scolaire, l’apprentissage, l’accessibilité et la pratique régulière avant les options secondaires.
- Rendre compte des arbitrages. Publier les choix retenus et les raisons financières ou techniques qui les justifient.
Ce que l’État peut changer, et ce qui dépend de la ville
Le soutien de l’État peut être décisif pour alléger le reste à charge d’une commune et sécuriser le calendrier d’un projet. Mais l’État ne remplace pas le travail de préparation local. Pour obtenir des aides, la collectivité doit disposer d’un dossier mûr, capable de justifier la nécessité de l’équipement, sa performance énergétique, sa maîtrise des coûts et son intérêt pour l’accès à la natation.
À Forges-les-Eaux, l’objectif d’un chantier en 2026 dépendra donc du bouclage de ce financement et des décisions des partenaires publics. Dans l’intervalle, le projet gagnera en robustesse s’il maintient une ligne claire : un équipement dimensionné pour les besoins réels, techniquement durable, ouvert aux différents publics et compatible avec les finances de la ville. C’est à cette condition qu’une reconstruction peut redevenir un service public pérenne plutôt qu’une charge difficile à porter.
Questions fréquentes
Pourquoi la piscine de Forges-les-Eaux est-elle fermée ?
La piscine Hugues Duboscq de Forges-les-Eaux est fermée depuis décembre 2022. La ville envisage désormais une opération comprenant sa démolition et la création d’un nouvel équipement aquatique. Le projet ne consiste donc pas en une simple réouverture : il suppose des études, un financement consolidé, des autorisations et la réalisation d’un nouveau chantier.
Combien coûte le projet de nouvelle piscine à Forges-les-Eaux ?
Le coût prévisionnel annoncé est d’environ 12 millions d’euros, avec la démolition de l’ancienne piscine. Ce montant devra être confirmé et actualisé au fil des études et de la consultation des entreprises. La municipalité a indiqué rechercher environ 3,5 millions d’euros de subventions pour réduire la part financée directement par la ville et par l’emprunt.
Quand la nouvelle piscine de Forges-les-Eaux pourrait-elle ouvrir ?
Un début de chantier en 2026 a été envisagé par la municipalité, mais aucune date d’ouverture ne peut être déduite à ce stade. Avant le lancement des travaux, le plan de financement doit être sécurisé, les études finalisées et les marchés attribués. La durée effective dépendra ensuite du programme retenu, des contraintes du site et du déroulement du chantier.
Qui finance la construction d’une piscine municipale ?
Une piscine municipale est généralement financée par un assemblage de ressources : autofinancement de la collectivité, emprunt et subventions publiques. L’État peut intervenir via des dispositifs d’investissement lorsque le projet est éligible, mais son aide n’est pas automatique. Les autres collectivités peuvent également être sollicitées selon leurs compétences et les dispositifs alors disponibles.
Pourquoi une piscine publique coûte-t-elle cher à exploiter ?
Une piscine doit chauffer l’eau et l’air, renouveler et traiter l’eau, déshumidifier les locaux et assurer un entretien technique exigeant. Elle mobilise aussi des agents d’accueil, d’entretien et de surveillance. Les charges dépendent notamment des horaires d’ouverture, de la taille des bassins, du niveau de fréquentation, des prix de l’énergie et de la performance du bâtiment.