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À Manosque, quel avenir pour l’ancienne piscine de la Rochette ?

La fermeture de la piscine de la Rochette, dans le contexte de l’ouverture d’un nouveau centre aqualudique, pose une question qui dépasse Manosque : que faire d’un bassin public devenu trop coûteux à exploiter, sans renoncer à l’accès de tous aux activités aquatiques ?

Ancienne piscine municipale fermée, avec bassin vide et gradins sous une lumière naturelle latérale
Ancienne piscine municipale fermée, avec bassin vide et gradins sous une lumière naturelle latérale — Illustration générée par IA pour Piscine.fm

L’essentiel

  • À Manosque, la piscine de la Rochette a fermé après l’ouverture d’un nouveau centre aqualudique ; sa reconversion reste à définir avec les habitants.
  • La ville a évoqué des dépenses d’énergie multipliées par trois : dans une piscine ancienne, chauffage, humidité et filtration pèsent lourdement.
  • Une salle de spectacle ou un marché couvert ne remplacent pas automatiquement un bassin : les créneaux scolaires, associatifs et grand public doivent être garantis ailleurs.
  • Le calendrier communiqué évoquait des études à l’été 2025, des travaux en 2026 et une livraison en 2027 ; il doit être actualisé publiquement.
  • Avant de convertir un ancien bassin, il faut comparer les scénarios sur le coût complet, l’usage annuel, l’accessibilité et les besoins locaux non couverts.

À Manosque, la fermeture de la piscine de la Rochette ouvre une nouvelle séquence pour un équipement longtemps associé à la pratique sportive, aux loisirs et à l’apprentissage de la natation. La municipalité envisage une reconversion du site, tandis que le nouveau centre aqualudique a pris le relais de l’offre de baignade. Parmi les pistes évoquées figurent notamment une salle de spectacle ou un marché couvert.

Le choix à venir ne consiste donc pas seulement à décider du futur d’un bâtiment. Il doit aussi répondre à trois questions concrètes : comment maintenir une offre aquatique réellement accessible, comment éviter qu’un équipement public ne devienne financièrement insoutenable, et comment transformer un site existant sans perdre son utilité collective ?

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hausse des dépenses d’énergie évoquée pour l’ancien équipement

Été 2025

début des études annoncé lors de la présentation du projet

2026

année de travaux alors envisagée

2027

horizon de livraison communiqué à l’époque

La Rochette : la fermeture d’un bassin, pas la fin du besoin de baignade

La fermeture de la piscine de la Rochette intervient après l’ouverture d’un nouveau centre aqualudique. Ce remplacement change la nature du débat : il ne s’agit plus uniquement de remettre en état un bassin vieillissant, mais d’arbitrer entre la conservation d’un site dédié à l’eau et sa transformation vers un autre usage collectif.

Pour les habitants, l’enjeu reste d’abord très concret. Une piscine publique n’est pas seulement un lieu de détente. Elle accueille les séances scolaires, les clubs, les nageurs réguliers, les personnes qui suivent une activité aquatique douce et les familles qui ne disposent pas d’un bassin privé. La qualité d’un réseau aquatique se mesure moins au nombre d’équipements qu’à la facilité réelle d’y accéder : proximité, créneaux, tarifs, transports, vestiaires, accueil des personnes en situation de handicap et disponibilité de lignes d’eau.

Un équipement aquatique remplit plusieurs missions

Dans une piscine publique, les créneaux scolaires et les activités encadrées ne sont pas accessoires. Ils participent à l’apprentissage de la nage, à la prévention des noyades et à l’activité physique. Lorsqu’un bassin ferme, la continuité de ces usages doit être vérifiée avant toute reconversion définitive.

Pourquoi les piscines anciennes deviennent difficiles à exploiter

Les collectivités ne ferment pas un bassin par simple préférence architecturale. Les piscines figurent parmi les bâtiments publics les plus complexes à maintenir, car elles doivent chauffer l’eau et l’air, renouveler l’air humide, filtrer et désinfecter en continu, tout en assurant la surveillance des baigneurs et l’entretien de locaux très sollicités.

À Manosque, la ville a mis en avant une forte hausse des dépenses d’énergie, annoncée comme ayant triplé. Cette pression budgétaire est particulièrement sensible pour les équipements anciens : enveloppe du bâtiment peu isolée, chaufferie vieillissante, pompes fonctionnant à régime fixe, déshumidification énergivore, réseaux fuyards ou couverture de bassin absente peuvent cumuler leurs effets.

Rénover ne signifie toutefois pas automatiquement démolir et reconstruire. Avant de trancher, une collectivité doit distinguer ce qui relève de la structure du bâtiment, des installations techniques et du projet de service. Une toiture ou une charpente dégradée ne se traite pas comme une pompe à remplacer ; un bassin techniquement fiable mais sous-utilisé ne pose pas le même problème qu’un bassin saturé aux heures scolaires.

Les principaux postes à examiner avant de rénover ou reconvertir une piscine publique
Poste d’analyseCe qu’il faut vérifierDécision que cela éclaire
Bâti et étanchéitéStructure, toiture, façades, cuves, plages et réseaux enterrésRéhabilitation lourde, travaux ciblés ou changement d’usage
Énergie et air intérieurChauffage, ventilation, déshumidification, isolation et récupération de chaleurCoût d’exploitation futur et gains possibles
Fonctionnement du bassinFréquentation, créneaux scolaires, clubs, public individuel et périodes de pointeDimensionnement de l’offre aquatique locale
AccessibilitéTransports, cheminements, vestiaires, accueil du handicap et horairesÉgalité d’accès entre quartiers et publics
Potentiel de reconversionVolume disponible, contraintes techniques, acoustique, accès logistique et voisinageFaisabilité d’un marché, d’une salle culturelle ou d’un lieu polyvalent

Rénover un bassin ou changer d’usage : un choix de service public

La reconversion d’une ancienne piscine peut être pertinente lorsqu’un nouvel équipement couvre effectivement les besoins de baignade du territoire. Elle peut donner une seconde vie à un bâtiment bien situé, limiter l’artificialisation de nouveaux terrains et créer un lieu de proximité. Mais elle ne dispense pas d’un bilan transparent sur les usages aquatiques transférés.

Une salle de spectacle, un marché couvert, une galerie d’exposition ou une halle polyvalente répondent à des besoins différents. Leur réussite dépend moins de l’intitulé retenu que de la capacité du lieu à être utilisé régulièrement, facilement accessible et exploitable à un coût maîtrisé. Un équipement culturel vide une grande partie de l’année ne constitue pas nécessairement une meilleure réponse qu’une piscine énergivore.

Ce qu’une reconversion peut apporter

  • Réemploi d’un foncier et d’un bâtiment déjà inscrits dans la ville.
  • Création possible d’un lieu couvert pour les activités culturelles, associatives ou commerciales.
  • Réduction des dépenses spécifiques à la filtration, au chauffage de l’eau et à la déshumidification.
  • Occasion de requalifier les abords et de rendre le site plus ouvert sur le quartier.

Ce qu’elle peut faire perdre

  • Disparition définitive d’une capacité de baignade de proximité.
  • Report des scolaires, clubs et nageurs vers un seul centre, avec des créneaux à réorganiser.
  • Travaux de transformation parfois lourds : traitement de l’humidité, acoustique, sécurité et accessibilité.
  • Risque de choisir un programme séduisant sur le papier mais sans modèle d’exploitation durable.

L’accès à la natation doit être mesuré, pas seulement affirmé

Le nouveau centre aqualudique constitue l’élément central de la continuité de service à Manosque. Sa présence ne suffit cependant pas, à elle seule, à démontrer que tous les besoins sont couverts. Une collectivité qui remplace un bassin doit regarder les créneaux disponibles plutôt que les seules surfaces d’eau : un bassin peut être fréquenté toute la journée tout en restant difficile d’accès pour les nageurs individuels, les écoles ou les associations.

Les indicateurs les plus utiles sont simples : nombre de classes accueillies, temps de déplacement depuis les écoles, volume de créneaux réservés aux clubs, créneaux d’ouverture au grand public, modalités tarifaires et capacité d’accueil des publics fragiles. Ces données permettent de vérifier si le nouvel équipement élargit réellement l’accès à la pratique ou s’il déplace certaines contraintes.

La qualité sanitaire doit aussi rester au cœur du fonctionnement. Les piscines ouvertes au public sont soumises à des règles d’hygiène précises, notamment en matière de renouvellement de l’eau, de filtration et de contrôle. L’arrêté du 7 avril 1981 modifié encadre ces exigences. Le confort de baignade dépend ensuite d’une conduite rigoureuse : une eau bien filtrée, un pH maîtrisé et une fréquentation compatible avec les capacités de traitement.

Une piscine publique ne se résume pas à un plan d’eau

Le bassin, les vestiaires, la qualité de l’air, l’accessibilité et la surveillance forment un tout. Réduire le coût d’un centre aquatique ne peut pas conduire à dégrader les conditions sanitaires, les créneaux scolaires ou la sécurité des usagers.

La consultation citoyenne : utile si les scénarios sont comparables

La ville de Manosque a engagé une consultation afin de recueillir les avis sur le devenir de la Rochette. C’est une étape utile, à condition que la discussion ne se limite pas à une liste d’idées. Entre une salle de spectacle, un marché couvert ou un espace polyvalent, les habitants doivent pouvoir comparer des projets décrits avec le même niveau de précision.

Pour chaque scénario, les éléments décisifs sont le coût initial, le coût de fonctionnement annuel, la fréquence d’utilisation attendue, les publics visés, les contraintes de chantier, la circulation autour du site et les recettes éventuellement envisageables. Il faut également préciser ce qui adviendrait des installations techniques existantes et des volumes des anciens bassins : les combler, les conserver, les réemployer ou les transformer ne produisent ni le même budget ni le même bilan environnemental.

Les cinq questions à poser avant de choisir

  1. Quel besoin non couvert le projet résout-il ? Un programme doit répondre à un manque identifié : accès au sport, espace culturel, commerce de proximité, vie associative ou usage intergénérationnel.
  2. Quels usages aquatiques sont assurés ailleurs ? Les créneaux scolaires, les clubs, les nageurs libres et les activités adaptées doivent être recensés, puis garantis dans la durée.
  3. Quel sera le coût complet ? L’investissement ne suffit pas. Exploitation, personnel, entretien, énergie, maintenance et renouvellement des équipements doivent être intégrés.
  4. Le site sera-t-il ouvert et fréquenté toute l’année ? Un lieu public a besoin d’une programmation, de responsables identifiés et de plages d’ouverture adaptées à ses usagers.
  5. La transformation est-elle réversible ? Préserver certains volumes ou structures peut garder ouverte la possibilité d’un usage évolutif, plutôt que figer définitivement le site.

Réduire la facture énergétique d’un centre aquatique : les leviers éprouvés

La hausse des coûts de l’énergie a accéléré les décisions de rénovation dans de nombreuses piscines françaises. Les solutions efficaces sont rarement spectaculaires ; elles reposent sur un ensemble cohérent de travaux et de réglages. La priorité va généralement à la réduction des pertes, puis à l’optimisation des équipements qui fonctionnent en continu.

Rénovation énergétique d’une piscine : quels leviers pour quels effets ?
LevierEffet recherchéPoint de vigilance
Isolation de l’enveloppeLimiter les déperditions par la toiture, les façades et les vitragesTraiter aussi les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air
Couverture de bassin hors ouvertureRéduire l’évaporation, principale source de pertes de chaleur et d’humiditéCompatible avec l’organisation quotidienne et les règles de sécurité
Récupération de chaleurValoriser l’énergie de l’air extrait et des eaux renouveléesDimensionnement adapté aux usages et maintenance suivie
Pompes et ventilation pilotéesAjuster les débits aux besoins réels de filtration et de traitement d’airNe jamais descendre sous les exigences sanitaires réglementaires
Suivi des consommationsDétecter dérives, fuites et réglages inefficacesLes données doivent être lues et suivies dans le temps

Le bon ordre de décision

Avant de promettre une baisse de facture, il faut connaître les consommations réelles par poste. Un audit énergétique utile distingue le chauffage de l’eau, le chauffage de l’air, la déshumidification, la ventilation, la filtration et les usages annexes. C’est le seul moyen de hiérarchiser les travaux.

Un calendrier à actualiser et un projet à rendre lisible

Lors des annonces relatives au site, les études étaient annoncées pour l’été 2025, suivies de travaux envisagés en 2026 et d’une livraison espérée en 2027. Un tel calendrier reste nécessairement à actualiser au regard des études techniques, des arbitrages politiques, du montage financier et des procédures administratives.

Pour les Manosquins, la prochaine étape décisive sera moins l’intitulé du futur équipement que la publication d’un projet clair : programme retenu, coût global, calendrier révisé, mode de gestion et conséquences concrètes pour l’accès à la natation. La Rochette peut devenir un lieu collectif utile à condition que sa transformation ne masque pas les besoins quotidiens que remplissait une piscine publique.

Questions fréquentes

Pourquoi la piscine de la Rochette à Manosque a-t-elle fermé ?

La fermeture s’inscrit dans le contexte de l’ouverture d’un nouveau centre aqualudique et d’un coût d’exploitation devenu difficile à supporter. La municipalité a notamment évoqué des dépenses énergétiques multipliées par trois pour l’ancien équipement. Dans une piscine vieillissante, chauffage de l’eau, ventilation, déshumidification et filtration peuvent représenter une charge très importante.

Que va devenir l’ancienne piscine de la Rochette ?

Plusieurs pistes de reconversion ont été mises sur la table, parmi lesquelles une salle de spectacle et un marché couvert. Une consultation citoyenne a été lancée afin de recueillir les attentes des habitants. Le projet retenu devra encore faire l’objet d’études techniques, d’un montage financier et d’un calendrier actualisé avant le démarrage d’éventuels travaux.

Les habitants de Manosque auront-ils toujours accès à la natation ?

L’ouverture du nouveau centre aqualudique doit assurer la continuité de l’offre de baignade. L’enjeu ne se limite toutefois pas à l’existence d’un bassin : il faut vérifier les créneaux réservés aux écoles, aux clubs, aux nageurs individuels et aux activités adaptées, ainsi que les tarifs, les horaires et l’accessibilité depuis les différents quartiers.

Combien coûte l’exploitation d’une piscine municipale ?

Le coût varie fortement selon la taille du bâtiment, le type de bassins, le climat, l’état de l’isolation, les horaires d’ouverture et les effectifs nécessaires. Les principaux postes sont l’énergie, l’eau, les produits de traitement, la maintenance et le personnel. Pour un équipement ancien, un audit par usage est indispensable avant de chiffrer une rénovation ou une fermeture.

Est-il préférable de rénover une piscine publique ou de la reconvertir ?

Il n’existe pas de réponse universelle. La rénovation est pertinente si le besoin de surfaces d’eau reste élevé et si la structure peut être modernisée à un coût soutenable. La reconversion peut être préférable lorsqu’un nouvel équipement absorbe réellement les usages aquatiques et qu’un autre besoin collectif est démontré. Le coût complet sur la durée doit guider la décision.

La rédaction de Piscine.fm

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